Marketing Beaujolais 2015 : un millésime inhabituel à exploiter

Raisin Gamay Beaujolais été 2015

On est en Beaujolais, tout va toujours bien.
L’état réel des grappes dans le Beaujolais, en cet été 2015, est on ne peut plus normal… en tout cas, si l’on en croit les articles écrits à ce sujet après un communiqué de l’InterBeaujolais sur l’état sanitaire des vignes.

Les grappes sont-elles fermées ? Non. Les grappes sont-elles belles ? Encore moins !!!
C’est pourtant ce qui est clamé de partout.

Beaujolais 2015 : la communication du mensonge.

L’InterBeaujolais montre, une fois de plus, son incompétence en matière de communication et de marketing.

D’une part, les vignes ne sont pas en bon état et elles souffrent de la chaleur. Elles ont un besoin d’eau plus qu’évident. Elles se remettront de tout ça sans aucun problème au cours de l’hiver. Mais stop aux conneries.

Non : elles ne sont pas en pleine forme en ce moment-même ! Un article du Patriote Beaujolais du 9 juillet 2015, s’employait néanmoins à rétablir la vérité. Mais ne laissons plus l’InterBeaujolais raconter un tas d’âneries. On est encore dans une communication du mensonge !
Ne les laissons pas dire n’importe quoi au sujet de notre métier dont ils ne connaissent absolument rien ! Quand, en plein mois de juillet, les feuilles jaunissent et tombent, quand les raisins flétrissent, grillent et finissent par tomber également, on ne peut pas dire que tout va bien et que tous les indicateurs concernant la santé de la vigne sont au vert !
Ce serait un mensonge et nous, nous refusons de mentir. L’honnêteté ne paye peut-être plus beaucoup, mais elle a au moins le mérite de rétablir la vérité et de ne pas prendre les clients potentiels pour des cons.

Vous ne nous croyez pas et vous préférez croire ceux qui ne sortent jamais de leur bureau et n’ont jamais foutu les pieds dans des vignes pour y travailler vraiment ?
Très bien : voici quelques preuves. Ces 9 photos de raisins Gamay Beaujolais 2015 ont été prise sur un périmètre d’un peu plus d’1km². Les vignes n’appartiennent pas au même exploitant et ne sont pas orientées dans la même direction. Certaines sont palissées (tenues par des fils de fer), d’autres ne sont pas relevées ni palissées. Certaines ont tout juste 3 ans quand d’autres ont plus de 80 ans.

Raisin Gamay Beaujolais été 2015   Raisin Gamay Beaujolais été 2015 Raisin Gamay Beaujolais été 2015

Raisin Gamay Beaujolais été 2015 Raisin Gamay Beaujolais été 2015 Raisin Gamay Beaujolais été 2015 Raisin Gamay Beaujolais été 2015  Raisin Gamay Beaujolais été 2015 Raisin Gamay Beaujolais été 2015

Ne dramatisons pas : c’est une bonne nouvelle

Car oui : au lieu de raconter des conneries à qui veut bien les entendre, il est nécessaire d’attirer l’attention sur un point essentiel.
Nous vivons un été jamais vu de mémoire d’Hommes, avec une sécheresse inhabituelle (quasiment pas une goutte de pluie depuis le mois d’avril), des températures au-dessus de 35°C quasiment tous les jours depuis un mois, un épisode caniculaire d’une petite dizaine de jours, à 40°C si ce n’est plus, localement et à l’ombre.

A l’instant où sont écrites ces lignes, il fait encore 34°C à l’ombre (à 14h30 le samedi 11 juillet, à Lancié).

Bref, toutes ces conditions nous mettent sous le nez une évidence : les vins du Beaujolais 2015 vont être exceptionnels ! Nous nous apprêtons à produire des vins que nul n’aura jamais vinifié car les conditions climatiques n’ont jamais été telles qu’elles le sont.

Il n’y aura pas de quantité (c’est quasiment une évidence à ce stade), il n’y aura peut-être pas de qualité sur le long terme non plus – à ce stade nous n’en savons rien. Mais une évidence prend forme : les vins du Beaujolais 2015 seront exceptionnels.

Notre Morgon, cru du Beaujolais, est un vin de caractère.

C’est là-dessus qu’il faut appuyer la communication du Beaujolais 2015 mais sûrement pas sur ce qui est fait actuellement !

Non, tout n’est pas idéal. Non.
Oui, le vignoble souffre de la chaleur, les raisins ont de plus en plus de mal à résister au sec et aux températures qui commencent à devenir insoutenables pour nous aussi. Oui, c’est évident ! Et alors ? En quoi cet épisode doit être caché au public ? Nous devons nous servir de nos faiblesses, quelles qu’elles soient, pour en faire des forces.

Si le millésime 2015 a bien une force à exploiter, c’est l’aspect exceptionnel de cette météo chaude et sèche. Utilisons-la. au lieu de la dissimuler.

Beaujolais 2015 et printemps : la vigne se réveille

Vins du Beaujolais - Agnès et Marcel Durand à Lancié. Le printemps arrive et la vigne du Beaujolais brille. Les premières feuilles des vignes du Beaujolais 2015

C’est un phénomène qui ne dure que quelques jours tous les ans. Lorsque les premières feuilles de vigne pointent le bout de leur nez et que le Soleil commence à baisser derrière les monts du Beaujolais, sur quelques centaines de mètres devant notre terrasse et notre panorama du Beaujolais se parent d’un vert tendre.

C’est un signe pour nous : dans le Beaujolais, le printemps est bien là. Mais attention néanmoins ! C’est à cette période, où l’on croit que l’hiver est derrière nous, qu’une gelée surprise peut dévaster la totalité de la récolte. Si la météo n’est pas sympathique avec nous d’ici les prochains jours, notre récolte de Beaujolais 2015 peut être réduite à néant en quelques minutes.

Ce phénomène de la « vigne qui brille » est très dur à prendre en photo : c’est la raison pour laquelle vous ne voyez que quelques dizaines de mètres. En réalité, un léger tapis vert et lumineux est visible sur plusieurs centaines de mètres.

D’ici quelques jours, les coteaux du Beaujolais vont reprendre leur belle couleur verte, à leur tour, jusqu’à donner la prochaine récolte en septembre 2015.

A ce titre, d’ailleurs, sachez que la date de sortie du Beaujolais Nouveau 2015 est fixée au 19 novembre à 0h00.

Vins du Beaujolais Agnès et Marcel Durand à Lancié.Le printemps est là dans le Beaujolais : la vigne brille.

Solidarité entre viticulteurs : un bel exemple pour les taillages

Exemple de solidarité entre viticulteurs dans le Beaujolais

Il arrive que des coups durs viennent retarder le travail des viticulteurs dans leurs vignes.

En Beaujolais, c’est à ce moment-là qu’un effort de solidarité entre viticulteurs se met en place pour que le collègue, qui a rencontré un problème quel qu’il soit, puisse sortir la tête de l’eau.
C’était courant, auparavant. Cela faisait quelques années que je n’avais pas vu ça, dans les vignes. De nombreuses personnes se réunissent pour finir le travail, pendant une journée, ou deux. Ou ne serait-ce qu’une heure. Bref, le temps importe dans le fond. C’est plutôt le soutien qui revêt toute son importance.

Si le viticulteur ne peut finir ses taillages à temps pour des raisons graves, il perdra une année complète de revenus. Il n’aura pas la chance d’être soutenu par un système quel qu’il soit. Il ne peut généralement compter que sur lui… et son entourage.
La solidarité entre viticulteurs, c’est ça. Elle ne se met jamais en place à la demande de l’intéressé. Ce sont les autres, ceux qui voient, qui mettent tout en mouvement et organisent tout. Exemple de solidarité entre viticulteurs dans le Beaujolais lors des taillages.

Jeudi 12 mars dernier, entre Villié-Morgon et Régnié-Durette, une vingtaine de voitures attirent mon attention. Elles sont garées en file indienne au bord d’une route.
Le Soleil commence à descendre derrière les monts du Beaujolais et la lumière est belle. Le ciel est bleu. On sent que le printemps arrive. Doucement, mais il est bientôt là. Et si la météo continue comme ça, dans 3 semaines, la vigne démarrera.

En y regardant de plus près, je remarque des dizaines de petits bonhommes qui se lèvent et se baissent, sans cesse, dans les vignes.
Si on n’avait pas été au mois de mars, j’aurais cru aux vendanges. Mais non, il n’en est rien. Je sais parfaitement ce que je regarde : un bel exemple de solidarité entre viticulteurs, pour finir les taillages.

Je ne sais rien de l’histoire qui se cache derrière ce petit spectacle. Un drame, peut-être… sûrement. Je ne veux rien savoir de plus.

Je n’ai pas osé m’approcher pour faire quelques clichés et discuter avec eux. Je sais juste que, à de très rares moments, le Beaujolais revêt ses habits d’autrefois où on ne laissait pas son voisin sur le carreau.

Comme l’aurait dit un chanteur à succès, « La photo n’est pas belle mais l’on peut y voir… ».

Beaujolais : les premières grappes récoltées dès le 30 août

Le cépage Gamay Noir à Jus blanc, dans le Beaujolais, à la veille des vendanges

2014 sera un millésime dont nous nous souviendrons tous !

Certains annonçaient des vendanges très précoces, aux alentours du 15 août quand d’autres prévoyaient de vendanger fin septembre.
Une météo capricieuse, un ensoleillement assez faible qui, paradoxalement, aura donné un véritable et néfaste coup de soleil aux raisins, des orages très violents, des vents encore plus, parfois de la grêle… Toutes les conditions semblent réunies pour que le millésime 2014 s’annonce d’une qualité moyenne. Mais une bonne surprise est toujours possible et nous vous ferons part de nos premières impressions dès que nous aurons commencé notre campagne.

Le Gamay noir à Jus blanc est le cépage traditionnel du vignoble Beaujolais ! De nombreuses toiles d'araignées vont ajouter de la poésie au romantisme de la période des vendanges dans le Beaujolais 2014A quelques jours du lancement officiel de la campagne officielle de vendanges 2014 dans le Beaujolais, aucune date n’a encore été arrêtée par l’Inter Beaujolais et les instances habilitées. Nous pouvons néanmoins vous révéler que les premières grappes, grâce à des dérogations, seront coupées dès le 30 août ! Il n’est pas impossible de voir quelques troupes de vendanges un ou deux jours plus tôt, selon les secteurs.
Néanmoins, nous pouvons espérer que le ban des vendanges 2014, dans le Beaujolais, soit fixé aux alentours du 6 septembre.

Le « ban des vendanges » est le terme consacré pour désigner la date officielle à partir de laquelle les viticulteurs ont l’autorisation de récolter leurs raisins.

Les vendanges sont souvent une excellente pour visiter le Beaujolais ! C’est à cette époque que le vignoble grouille de milliers de petites mains et de centaines de tracteurs pressés par le temps. Les vendanges sont la meilleure époque pour se rendre compte que la totalité de l’économie locale repose sur le travail de la vigne.
Si vous souhaitez visiter le Beaujolais pendant les vendanges 2014, n’hésitez pas à nous rendre visite ! Nous nous ferons un plaisir de vous faire visiter le cuvage, haut lieu stratégique. Avec un peu de chance, vous pourrez même assister à une « pressurée », le moment où après la première fermentation -dite alcoolique-, nous utilisons le pressoir pour obtenir le jus fermenté.
Si vous en faîtes la demande et si les conditions le permettent, nous pourrons vous conduire à la rencontre de vendangeurs, afin de vous mêler à nos troupes et participer à la récolte, quelques minutes.
Entrer en contact avec Agnès et Marcel Durand, producteurs-récoltants à Lancié.

En un mois, ce sont près de 22.000 hectares de vignes qui vont connaître coups de serpettes et sécateurs.
Vous avez du mal à vous représenter ce que font effectivement 22 hectares de vignes ? Voici quelques points de comparaison :
– environ 220.000.000 millions de ceps de vignes ;
– environ 22.000 terrains de football mis les uns à côte des autres ; – 220 km² (la ville de Paris intra-muros a une superficie avoisinant les 106km², la ville de Lyon a une superficie de près de 48km², le Lac d’Annecy a une superficie de 27km² quant au Lac Léman, 580km²), etc.

N’hésitez pas à nous rendre visite !

Les dessous du Beaujolais Nouveau : enquête !

Edit du 12/11/2015 : Cette année, le Beaujolais Nouveau (2015 donc) sortira le jeudi 19 novembre à 0h00.
A la suite de cette enquête qui date, de mémoire, de 2008, nous vous invitons à poursuivre votre lecture sur les problèmes économiques terribles qui conduit les vignerons du Beaujolais à la faillite, en 2015. Si rien n’est fait, le vignoble Beaujolais n’existera plus dans moins de 10 ans.
En attendant, bonne lecture à vous ! Et n’oubliez pas de poursuivre votre lecture en fin d’article.
FD, l’auteur.

Le Beaujolais Nouveau. Produit-phare du vignoble Beaujolais jusqu’au milieu des années 1990, il ne semble être aujourd’hui plus qu’un mauvais argument commercial, reflet de la piètre stratégie marketing du vignoble.
Retour sur un produit devenu commercial, dont la mauvaise réputation plonge un vignoble entier dans les tréfonds de cette crise sans précédent. Lire la suite

La méthode de vinification du Beaujolais : kezako ?

Chaque région viticole a sa propre méthode d’élaboration pour ses vins. Ces méthodes doivent être appliquées à la lettre par tous les viticulteurs d’un vignoble afin de pouvoir prétendre à l’AOC ou AOP correspondante.

Mais finalement, en quoi consiste la méthode de vinification dans le Beaujolais ? Lire la suite

Beaujolais 2013, rétrospective de l’année en photo : Mars 2013

Retrospective Beaujolais 2013. Le mois de Mars et la mise en bouteille

Entre deux coups de sécateur (les taillages continuent également au mois de Mars), et si le vin ne vieillit par en fût de chêne, il faut bien penser à mettre le fruit de la saison précédente en bouteille !

Et voici qu’arrive la mise en bouteille, qui peut avoir lieu n’importe quand dans l’année. C’est souvent en fonction des besoins du vigneron que la mise en bouteille se fait.

Dans la majorité des cas, un prestataire externe se rend chez les producteurs, avec une chaîne de mise en bouteille. Il est très rare que les professionnels possèdent une chaîne de mise en bouteille, du fait de son coût d’achat et d’une utilisation trop peu courante.

Pour le mois de mars, nous vous proposons d’en apprendre un peu plus sur le Morgon, cru du Beaujolais de caractère !

Le Beaujolais en image tous les mois pour l'année 2013 ! Le mois de mars et la mise en bouteille.

Beaujolais 2013, retrospective de l’année en photo : Février 2013

Retrospective Beaujolais en date 2013 : le mois de février

Le saviez-vous ? Traditionnellement, il était interdit de commencer les taillages avant la « Saint-Vincent », le 22 janvier.
Les femmes ne taillaient pas, elles « sarmentaient », en compagnie de leurs enfants.  Le « sarmentage » consistait au regroupement des sarments en petits fagots, souvent partagés à part égale entre le propriétaire et son fermier/métier.

Aujourd’hui, découvrez une photo des taillages dans le Beaujolais ! Le mois de février est traditionnellement celui occupé par les taillages.

Il faut environ 30 coups de sécateur par cep, pour nettoyer le plant. Un hectare accueille 10.000 ceps.

Profitez du mois de février, le mois des amoureux, pour découvrir le Saint-Amour, cru du Beaujolais fruité !

Date du Beaujolais 2013 : le mois de février 2013 et les taillages

Beaujolais : un millésime 2013 exceptionnel !

Une troupe de vendanges en Beaujolais - Récolte millésime 2013 à Fleurie

Si vous nous aviez posé la question voilà 3 mois, il est fort probable que notre réponse aurait été beaucoup moins catégorique que maintenant ! Mais voilà, cette fois, nous pouvons le dire, preuves à l’appui : le millésime 2013, dans les Crus du Beaujolais, s’annonce exceptionnel !

Cru du Beaujolais : Fleurie, une troupe de vendangeurs du Beaujolais. millésime 2013Nous avons essayé de vous le faire comprendre en temps et heure : la date de début des vendanges allait s’annoncer capitale et il s’avère que la décision du 24 septembre, arrêtée par les instances compétentes, était la bonne ! Une semaine de plus et toute la récolte allait être perdue.

Pour ce qui nous concerne, dans la région de Lancié – Morgon  Moulin à Vent (le nord du vignoble Beaujolais, soit la région des Crus), nous avons vendangé sur 3 journées : du 29 septembre au 1er octobre.
La maturité du raisin était excellente, parfaite. Quelques jours de plus auraient été fatals à la récolte 2013 et nous avons produit, semble-t-il, des vins excellents.

Cela ne fut malheureusement pas le cas pour tout le monde dans le Beaujolais !
Les vendanges ont été chaotiques, au niveau de la météo surtout. La date tardive de la récolte a eu des effets que certains avaient oublié : les brumes matinales, très abondantes dès le début de l’automne, n’ont pas été favorables à une bonne fin de maturation du raisin.
En désirant attendre quelques jours supplémentaires, certains viticulteurs ont commis une erreur. Toutefois, le savoir-faire de ces passionnés a souvent permis d’enrayer cette petite catastrophe.

De tous les vins du Beaujolais 2013 que nous avons pu goûter jusque là, 95% d’entre eux s’annoncent exceptionnels. Bien évidemment, la fermentation n’est pas finie dans la plupart des cas et il faudra laisser le temps au vin d’exprimer le savoir-faire de son vigneron.
Bien évidemment, nous ne pouvons pas être sûrs que les vins vieilliront de la meilleure manière qui soit.

Ce millésime Beaujolais 2013 sera à surveiller de prêt. Parole d’expert !
Vous pourrez les retrouver chez nous, d’ici quelques mois !

Ban des vendanges Beaujolais 2013 : il est arrêté !

Préparatifs des vendanges 2013 dans le Beaujolais

Nous avons cru qu’il serait fixé au 28 septembre. De nombreux indicateurs semblaient aller en ce sens. Et puis finalement, non.

La réunion qui s’est tenu hier après-midi à Villefranche, au siège du 210 (l’InterBeaujolais pour les non-initiés), avec de nombreux acteurs et professionnels du vignoble en ont décidé autrement !

La date du ban des vendanges est donc fixée au 24 septembre prochain ! Mardi prochain, le vignoble tout entier commencera à entrer en ébullition, et ce, pour une durée de 2 à 3 semaines.
Si vous avez la possibilité de vous rendre dans le Beaujolais à cette période, vous aurez la jolie surprise d’y découvrir, en vous promenant, des dizaines de troupes de vendangeurs disséminées à travers tout le vignoble.

Pour ce qui nous concerne, le cuvage et tout le matériel sont prêts. Nous n’avons plus que 3 hectares de vignes à récolter donc nous n’engageons plus une troupe pour une dizaine de jours, comme nous le faisions encore en 2009. Nous louons la troupe d’un viticulteur de notre famille, pour 2 voire 3 journées.

Qu’avons-nous eu à faire ?

  • Nettoyer les cuves destinées à accueillir la nouvelle récolte ;
  • Ranger le cuvage et réorganiser les outils pour que tout soit à portée de main ;
  • Nettoyer le matériel afin qu’il soit remis aux normes sanitaires (tuyaux, pompe, cuve, tapis roulant, etc.) ;
  • Préparer le pressoir qui ne servira qu’après la fermentation alcoolique (donc 8 à 10 jours après la récolte, voire plus pour le Moulin à Vent). Il pourra servir si nous produisons du Beaujolais Rosé cette année ;
  • Remettre les bacs à vendanges sur les remorques, afin qu’elles puissent être acheminées par les tracteurs, etc

Nous vous proposons d’ailleurs une petite vidéo -mal réalisées mais le but n’est pas d’être sélectionnés à Cannes, donc c’est pas si grave que ça. Cela vous permettra de vous rendre compte de la dangerosité de la tâche.

Dans cette vidéo, vous voyez la technique employée pour transporter le bac à vendanges jusqu’à la remorque. Inutile de vous préciser que si le bac se renverse sur quelqu’un, les dégâts seraient sûrement irréversibles.

Ces bacs sont indispensables car ils accueilleront le raisin, une fois récolté. Ils pourront porter jusqu’à plus d’1,2 tonne (1 200 kg) de raisins.

Nous vous expliquerons les techniques d’antan une prochaine fois. Avec quelques anecdotes qui sauront satisfaire votre curiosité

 

Vendanges 2013 en Beaujolais : le temps des souvenirs

Photo de vendanges dans le Beaujolais. Les vendanges 2013 arrivent

La période des vendanges fait appel aux souvenirs.

Aux nombreuses rencontres, toutes plus enrichissantes les unes que les autres, que l’on a pu faire.

Que ce soit un soir, au bar du village à discuter avec une troupe concurrente (car oui, étonnamment, une sorte de compétition naît entre chaque troupe d’un même village. Allez savoir pourquoi?) ou avec un groupe que vous n’aviez encore pas croisé et ne recroiserez jamais.
Que ce soit en discutant et en vous liant d’amitié avec votre voisin de galère, dans le rang à côté de vous. Car oui, les vendanges sont une vraie galère pour les vendangeurs. Dans ces moments difficiles pour le corps et parfois le moral (surtout quand la pluie vient se mêler à tout ça ou qu’on commence un rang qui fait plus de 100 mètres de longueur, croyez-moi), de véritables amitiés naissent. Des amitiés parfois éphémères mais néanmoins réelles, rythmées par les coups de serpette, le bruit des grappes déposées dans le seau ou celui du jarlot (du porteur) qui déambule dans toute la vigne, des tracteurs qui passent à toute allure ou des fous rires provenant de quelques rangs plus loin.
Vendanges dans le Beaujolais : une troupe de vendangeurs pendant le casse-croûte du matin ! Que ce soit à l’heure du casse-croûte où vous craquez et prenez la cigarette que l’on vous tend, que vous la savourez avec plaisir alors que vous aviez juré de ne plus jamais en toucher une 6 mois plus tôt.
Que ce soit, une fois encore,à l’heure du casse-croûte, où le verre de rouge, le lard et le fromage de chèvre à 9h30 du matin vous paraissent tout ce qu’il y a de plus évident.
Que ce soit des souvenirs olfactifs. Car les vendanges ont une odeur caractéristique. Une odeur qui embaume toutes les maisons de vigneron à 100 mètres à la ronde. Une odeur de raisins et d’alcool indéfinissable pour ceux qui ne l’auraient jamais senti.
Que ce soit, aussi, le matin à 7h30, à peine réveillés, entassés dans un camion, un fourgon ou une voiture, tels du bétail se rendant à l’abattoir (l’image est très parlante mais tellement vraie). Que ce soit, le soir après 8h de travail acharné, où tout le monde rit et chante à tue-tête pour évacuer la fatigue caractéristique.
Que ce soit le soir, dans le dortoir, à parler des heures durant sans réveiller ses voisins de chambrée qui, de toute manière, tellement fatigués de la semaine écoulée, ne seraient pas réveillés par grand chose.
Que ce soit à devoir remonter le moral d’un ou une jeune de 18 ans en pleurs qui ne pensaient pas que les vendanges seraient aussi dures. Mais qui veut rester plus que tout pour se prouver qu’il peut le faire.
(Ca, c’est un souvenir personnel) Que ce soit de la première personne que l’on menace de renvoyer (puis après, ça devient une habitude). Car elle manque de respect, ne travaille pas, est toujours dernière dans les vignes et réclame aux plus rapides de venir l’aider dès qu’ils auront fini leur rang. Que ce soit son regard lorsqu’elle apprend, en pleine journée, que c’est fini et qu’elle repart ce soir. Ou dans l’heure qui vient.

Des souvenirs olfactifs et auditifs.

Car les vendanges dans le Beaujolais, comme sûrement partout ailleurs, c’est un ensemble d’éléments bien particuliers qui, réunis, donnent cette ambiance entre-deux-mondes :

  • le bruit des raisins qui tombent dans le seau ;
  • l’odeur et la sensation désagréable de la brume accrochée aux feuilles de vigne le matin, qui nous mouille pour toute la matinée ;
  • le bruit lointain des conversations auxquelles on aurait bien aimé participer. Mais manque de bol on est trop loin de 2 rangs pour pouvoir se mettre dedans ;
  • certains éclats de rires qui durent, durent , durent ;
  • des chansons populaires et jugées ringardes mais connues de tous, reprises par toute la troupe afin de se donner du courage ;
  • le cri de douleur quand un collègue de galère se coupe pour la 67ème fois avec sa serpette (alors que vous, vous ne vous êtes même pas coupé une petite fois. Vous ne comprenez pas comment les autres font pour être autant meurtris) ;
  • le bruit des tracteurs qui semblent ne plus finir de faire des va-et-vient entre leur cuvage et les vignes ;
  • le bruit des pompes qui tournent sans cesse dans le cuvage. On ne comprend jamais où les tuyaux vont, ni ce à quoi ils servent, mais ils sont bien là. Le bruit aussi, incessant, assourdissant ;
  • le bruit du tapis roulant qui, souvent dans les exploitations viticoles, conduit le raisin jusqu’aux cuves ;
  • l’odeur caractéristique d’une maison de vigneron, qui rayonne et embaume 100 mètres alentours. Des effluves de raisin, d’alcool. E tout un tas d’odeurs caractéristiques mais indéfinissables.
  • l’odeur d’une cuve en fermentation juste avant la pressurée. Une odeur entêtante qui suffit à rendre un homme saoul, en un rien de temps.

Le bruit caractéristique d’un pressoir horizontal dans le Beaujolais.

Le bruit caractéristique d’une pompe, juste avant la pressurée, dans le cuvage de Marcel Durand à Lancié, vigneron.

Bref, dans le Beaujolais, les vendanges sont tout un ensemble de choses bien particulières qui, une fois réunies, prennent un sens tout particulier. Un sens que seuls ceux qui ont déjà participé à cette activité peuvent connaître !

Et vous, avez-vous déjà fait les vendanges ? N’hésitez pas à nous raconter vos histoires, nous en serons friands.

Raisins pressés dans le Beaujolais après les vendanges Morgon 2013 Vendanges dans le Beaujolais 2013 Lancié et Morgon: ombre d'une vendangeuse et d'un porteur Vendanges dans le Beaujolais 2013 Moulin à Vent: un vendangeur au travail Vendanges dans le Beaujolais Morgon 2013 : une vendangeuse coupe un raisin Vendanges dans le Beaujolais morgon : le cuvage, ses pompes, ses tuyaux Vendanges dans le Beaujolais morgon : le tapis roulant qui monte les grappes de raisins dans la cuve

L’été est fini : les vendanges arrivent dans le Beaujolais !

Les vendanges en Beaujolais : démarrage fin septembre.

On va commencer cet article avec un petit rappel lexical important car tout le monde, ou presque, a oublié qu’il existait une distinction entre ces deux termes :

  • le viticulteur est le professionnel qui s’occupe de cultiver la vigne ;
  • le vigneron est le professionnel qui s’occupe de cultiver la vigne, de vinifier les raisins puis d’élever ses vins.

Pour être plus parlant : quelqu’un qui travaillera dans ses vignes sans avoir de cuvage et emmènera ses raisins dans une cave coopérative sera considéré comme un viticulteur. Une personne qui s’occupera de toute la chaîne de production, de la taille de la vigne, en passant par la récolte puis la vinification, jusque parfois la mise en bouteille puis la commercialisation, sera considéré comme un vigneron.

Maintenant que les choses sont plus claires pour tout le monde, on va pouvoir entrer dans le vif du sujet pour parler des vendanges dans le Beaujolais.

Fin septembre, les vendanges 2013 dans le Beaujolais débuteront.  Une année bien tardive avec de nouvelles traditions.

Beaujolais : des vendanges 2013 bien tardives !

On se croirait retournés 25 ans en arrière.
A cette période, il était plus que fréquent que la date des vendanges soit fixée aux alentours du 25 septembre. D’ailleurs, dans la mémoire collective, les vendanges n’annoncent-elles pas l’automne, la fin d’un nouveau cycle autour duquel tout est bâti ?

Nous nous sommes habitués, au fil des années, à voir les vendanges s’avancer dans le temps. En 2000, la récolte avait débuté chez certains viticulteurs à la fin août. En 2003, certains, dans le vignoble Beaujolais, avaient même débuté les vendanges avant le 15 août. Du jamais vu ! Depuis lors, le début de la récolte à la fin du mois d’août est devenu courant.
En quinze ans à peine, 5 millésimes ont vu leurs vendanges débuter avant le 1er septembre en Beaujolais.
Ces dernières années, la date du ban des vendanges (la date de début légal autorisé par la Préfecture) oscillait néanmoins autour du 1er septembre. Cela faisait donc quelques années que la récolte n’avait pas débuté aussi tard.

Plusieurs questions se posent : comment vont faire viticulteurs pour recruter des troupes de vendangeurs, eux qui d’ordinaire s’appuyaient largement sur les étudiants ? Le raisin aura-t-il eu suffisamment de temps pour se transformer en Beaujolais Nouveau buvable ? Car oui, le date de sortie du Beaujolais Nouveau est fixée au 21 novembre 2013. Soit 2 petits mois,à peine après le début de la récolte.

Tenez, d’ailleurs : saviez-vous que les vignerons auront le droit de délivrer le Beaujolais Nouveau aux négociants à partir du 15 octobre, soit à peine 3 semaines après le début de la récolte. Moi, personnellement, ça me laisse songeur. Pas vous ?
Pour ce qui concerne les vendangeurs : ce sont souvent des troupes entières, venues des pays de l’Europe de l’Est, qui viennent s’occuper de la récolte. La raison est principalement d’ordre économique. Et puis comme il est encore rare que la récolte du raisin puisse se faire à la machine, en Beaujolais (sauf autorisation exceptionnelle), et que cela risque de durer encore quelques années, le Beaujolais s’enrichit de nouvelles traditions, tout droit venues des ex-républiques Soviétiques.
Dans de nombreuses exploitations, les vendanges d’antan sont belles et bien finies et avec elles, la fin des nombreuses traditions séculaires liées à cette période spécifique.
La Revole, par exemple. Cette soirée qui avait lieu le dernier soir, après la fin des vendanges, mémorable pour toute la troupe et les patrons, disparaît petit à petit. Elle scellait parfois de jolies amitiés ou de belles histoires d’amour naissantes.

Le Beaujolais change, s’adapte lentement à son époque. Mais ce qui est sûr, c’est que dans 50 ans encore, le raisin se récoltera toujours, d’une manière ou d’une autre, avec sûrement d’autres traditions encore, sur les coteaux Beaujolais.

Beaujolais : l’arrachage de vignes, comment ça marche ?

Vous vous êtes peut-être déjà demandé comment faire pour arracher une vigne.
On va simplement vous dire que c’était un travail pas très supportable en pleine canicule. Même à 6h du matin. Et puis on va vous montrer 3 jolies photos. Et puis ça suffira pour vous faire une petite idée du travail de forçats.

Petite information sur les ceps de Gamay noir à jus blanc dans le Beaujolais : leurs racines peuvent atteindre une dizaine de mètres de profondeur (donc de longueur). Nous le savions, pourtant.

Beaujolais : comment fonctionne l'arrachage de vignesDes ceps de vignes juste après avoir été arrachés, dans le Beaujolais

Comment sont arrachées les vignes dans le Beaujolais

Travail de la vigne dans le Beaujolais : les dangers du tracteur-enjambeur

Aussi étrange que ce soit, hier, je mentionnais les dangers du tracteur sur les coteaux du Beaujolais. Et bien, sans doute une sorte de prémonition, hier, notre tracteur a décidé de prendre la fuite, sans que personne ne soit au volant (puisqu’en position d’arrêt avec le frein à main) et sans que quiconque ne puisse l’arrêter, pour finir sa course dans un grand fossé, quelques mètres plus bas.
Bien évidemment, c’était pendant une séance de rognage de la vigne.

Pas si évident que ça de relever un tracteur de plusieurs tonnes, couché sur le flanc. Mais avec un peu de savoir-faire et de jugeotte, et pas mal de prises de risques également, le tracteur est de nouveau posé sur ses 4 roues. Reste à connaître les réels dégâts et le montant des réparations.

C’est là qu’on se rend compte de l’utilité d’une cabine sur un tracteur enjambeur : les vitres n’ont pas éclaté et, si quelqu’un avait été à l’intérieur, il n’aurait pas été éjecté et aurait eu bien peu de chance de se retrouver coincé sous le tracteur (comme cela arrive, rarement, fort heureusement).

La parcelle de vignes n’était pourtant pas beaucoup en pente (pour tout vous dire, les tracteurs vont presque de partout, maintenant).

Bref, quelques clichés de cet incident qui aurait pu faire bien plus de dégâts.

Un accident de tracteur enjambeur est si vite arrivé. Le travail de la vigne en BeaujolaisUn accident de tracteur dans les vignes du Beaujolais à LanciéUn accident de tracteur dans le Beaujolais sans gravitéUn tracteur enjambeur couché sur le flanc  : accident de tracteur dans le beaujolais

[Vidéo] Travail de la vigne : le cisaillage manuel dans le Beaujolais

Le travail de la vigne dans le Beaujolais : le cisaillage manuel

Le travail de la vigne dans le Beaujolais, mais comme dans tous les vignobles de France, est resté très traditionnel.

Même si le tracteur, et la mécanisation, ont souvent remplacé la main de l’homme ou de l’animal, il est fréquent, voire quotidien, que le viticulteur ait besoin de mettre la main à la pâte ! Mais après tout, c’est son métier, n’est-ce pas ?

Dans certaines parcelles du Beaujolais, souvent trop escarpées, il serait dangereux qu’un tracteur vienne cisailler la vigne (ou rogner comme nous l’avons vu la dernière fois). Pour éviter tout accident (il en arrive assez souvent, malheureusement), il est alors conseillé, il est voire impossible de faire autrement que de prendre une cisaille (de grands ciseaux) et de couper chaque sarment trop long à la main (le sarment de vigne est une branche).

Nous n’avons pas eu l’opportunité de filmer le relevage de la vigne, qui permet à celle-ci de se tenir bien droit et de ne pas se casser au moindre coup de vent… Ce sera pour l’année prochaine !