[Marketing] Beaujolais : et ils inventèrent le titre de « Mademoiselle Beaujolais Nouveau »

On se demande parfois où ils vont chercher leurs idées. Celle-là doit forcément dater des années 70, on ne voit que ça. Elle devait avoir été perdue au fond d’un placard et, dans un dernier souffle pour tenter de sauver leur vignoble, les membres l’InterBeaujolais (les gens qui réfléchissent au marketing pour l’ensemble du Beaujolais, ndr), ont dû se dire que ce serait bien plus rigolo de sortir une idée vieille comme Hérode plutôt que de faire appel à des créatifs, dont le marketing est le métier.
Regarder ce qui se faisait il y a 30 ans dans d’autres vignobles est donc la politique non-officielle du vignoble Beaujolais. Soit.

Forts du succès de leur campagne précédente (sic!), consistant en l’élection d’une  « robe Beaujolais Nouveau« , pour le millésime 2012 (baisse des ventes de plus de 2% en France par rapport à 2011), les instances supérieures ont pris la décision de persévérer en suivant leur tendance « fashion » et de faire élire, via Facebook, une « Mademoiselle Beaujolais Nouveau ».

Pour quelles raisons me demanderez-vous ? Tout simplement pour que le Beaujolais Nouveau se dote d’une image, d’une ambassadrice.
Mouais… c’est là qu’on rigole, non ?

Tiens, d’ailleurs, savez-vous combien a coûté la campagne pour le Beaujolais Nouveau, en 2012 ? Hé bien la bagatelle d’1,5 million d’euros. Pour une semaine de campagne -du 12 au 18 novembre 2012. Une semaine à 1,5 million pour un produit qui tire la totalité d’un vignoble vers le bas ? C’est joli comme naufrage, non ? C’en est à se demander si même le Titanic a réussi à mieux faire.

Autant vous dire que vue la popularité du Beaujolais Nouveau, l’heureuse élue –Cindy Forissier, une étudiante lyonnaise en commerce international de 22 ans- risque de bien rapidement déchanter. On risque de lui dire qu’elle donne mal à la tête, mal au coeur, qu’elle donne des aigreurs d’estomac, et qu’elle ne valait pas la soirée qu’on croyait géniale à la base. Une jolie étiquette, collée à vie. Une erreur de jeunesse, quoi.

Bref, vous l’aurez compris ! Nous croyons totalement en ce titre de « Mademoiselle Beaujolais Nouveau« . Grâce à son image et son joli minois, elle devrait sauver un vignoble en crise. Une crise due à ce produit marketing d’un autre siècle dont ces gens, qui réfléchissent au marketing pour l’ensemble du Beaujolais, ne semblent pas vouloir se défaire.

Remarquez, si elle réussit à sauver le Beaujolais, on pourrait lui construire une nouvelle chapelle (à l’image de celle de Brouilly ou de la Madone de Fleurie). Les miracles sont tellement rares.

NB : Pour des raisons liées au droit à l’image, et car nous refusons de jouer le jeu de cet organe institutionnel qu’est l’InterBeaujolais, nous ne diffuserons pas de photographie de la gagnante.

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