Beaujolais 2015 : une récolte très très précoce

Beaujolais 2015 : des vendanges précoces et un climat très sec

Encore aujourd’hui, il est difficile de dire avec certitude à quelle date commencera la récolte 2015 dans le Beaujolais ! Néanmoins, et c’est acté, il est à peu près sûr de voir les premiers vendangeurs aux alentours du 20 août dans certaines parcelles du vignoble.

La vigne se plaît dans un climat sec et chaud. Néanmoins, cette année 2015 est somme toute exceptionnelle même pour la vigne : il n’a quasiment pas plu depuis le mois d’avril. Si la nature ne décide pas de donner quelques grosses averses d’ici les vendanges, ce sera une année particulière. Peut-être même jamais vue de mémoire d’Homme.

A ce stade, il est légitime de s’inquiéter de la qualité du millésime 2015 sur les vins du Beaujolais ? Difficile à dire. Il est fort à parier que les raisins seront de petite taille, avec de toutes petites baies très peu juteuses. En terme de qualité, cela peut donner des vins exceptionnellement structurés et charpentés comme le strict opposé.

Tout comme nous actuellement, la vigne souffre d’une chaleur étouffante. Cette plante est résistante mais si ces événements climatiques deviennent une habitude, comment évoluera la vigne et comment s’y adaptera-t-elle ?

En terme de comparaison, l’année 2003 était humide et fraîche par rapport à ce que nous vivons. La végétation, absolument pas habituée à ce type de climat, ne résiste pas. De nombreux arbres meurent, tout simplement.

Outre un début de récolte très précoce, nous savons avec certitude que le millésime 2015 sera particulier.
Reste à espérer qu’en plus de la qualité, la quantité soit au rendez-vous.

Réponse d’ici quelques semaines.

En attendant, puisque c’est de saison, nous vous invitons à vous renseigner sur le Beaujolais Villages Rosé produit par notre domaine en cliquant sur le lien suivant.

Entrer en contact avec Agnès et Marcel Durand pour leur Beaujolasi Rosé

Affiche de campagne officielle Beaujolais Nouveau 2014, Agnès et Marcel Durand

Vignette Beaujolais Nouveau 2014, campagne officielle Agnès et Marcel Durand à Lancié

Notre affiche de Beaujolais Nouveau 2014 Agnès et Marcel Durand Lancié

Une petite affiche pour notre campagne de Beaujolais Nouveau 2014.

Moderne et décalée à la fois, nous avons choisi de donner l’information essentielle du Beaujolais Nouveau, à savoir, quelle est la date de sortie du Beaujolais Nouveau ? La réponse : le 3ème jeudi de novembre de manière générale mais surtout, cette année, le 20 novembre 2014.

Vous prendrez bien un petit verre de Beaujolais nouveau 2014 ?

Lexplication du goût de banane du Beaujolais Nouveau

Les raisins sont tous rentrés dans le cuvage ! Ils ont presque tous terminé la phase de fermentation alcoolique typique du Beaujolais et sont presque tous pressurés !
Nous sommes rassurés et plutôt contents de ce millésime 2014. Il s’annonce meilleur que ce à quoi nous nous attendions. La pluie, le soleil capricieux, les orages de grêle et le vent nous avaient laissé entrevoir un millésime 2014 assez moyen… mais non ! Il devrait être bien au-dessus de ce que nous avions envisagé.

Une semaine après son passage dans le pressoir, voilà à quoi ressemble un verre de Beaujolais Nouveau 2014

Mais qu’en est-il du Beaujolais Nouveau ? Hé bien, il est comme les autres !

Le Beaujolais nouveau a été pressuré voilà une semaine, et nous sommes en mesure de vous en dévoiler une photo ! Un verre de Beaujolais nouveau 2014 avant l’heure, ça vous dit ? Ne rêvez pas cependant : vous devrez vous contenter d’une simple photo.

Bon, autant être honnête : en ce moment, les acides maliques sont en train de se transformer en acides lactiques (c’est ce qu’on appelle la fermentation malolactique). Les processus chimiques en cours, comparables à tous les vins du monde, ne permettraient pas d’apprécier pleinement notre Beaujolais Nouveau 2014 ! Mais le produit est là : il est en cours de finition.

D’ici quelques semaines, la fermentation malolactique sera terminée : nous pourrons alors réellement appeler ce jus de raisin, en cours de fermentation, un vin ! Car vin, il ne l’est pas encore réellement. Ce sera une fois que toutes ces réactions chimiques et naturelles se seront terminées que ce jus deviendra le Beaujolais Nouveau 2014.

Vous pouvez discerner, sur la photo, que le vin est encore trouble, d’une couleur rose éclatante.
Dans le Beaujolais, tous les vins ont cette teinte avant de prendre la couleur habituelle sombre de leur robe.  C’est, là encore, totalement normal et naturel. C’est pendant cette phase de fermentation malolactique que le jus de raisin fermenté se transforme en vin, qu’il en prend toutes les caractéristiques.

Que dire de plus pour vous donner envie de le goûter ? Les arômes actuels sont typiques d’un véritable Beaujolais nouveau : ceux du raisin mûr. Ils n’évolueront pas. Comme nous vous l’expliquions hier sur la manière dont est fait le Beaujolais Nouveau, les arômes de ce type de vins ne peuvent être autres que ceux du raisin (hormis avec l’emploi de levures qui cherchent à standardiser les goûts d’une année sur l’autre, qui cherchent donc à tuer la typicité du produit) !

Nous avons la chance de pouvoir suivre son évolution, au jour le jour ! Quant à vous, vous n’aurez pas le droit de le déguster avant le 20 novembre prochain à minuit…Si vous voulez en savoir plus sur le Beaujolais Nouveau et le millésime 2014, n’hésitez pas à nous contacter. Nous nous ferons un plaisir de vous répondre.

Contacter la société Mardi Broussaud SARL

Beaujolais Nouveau 2013 « Il est sorti, vive le Beaujolais »

Beaujolais Nouveau 2013 : il est arrivé ! Vive le Beaujolais et le vin nouveau.

Vous l’avez tous attendu, il est enfin là !

Le Beaujolais Nouveau 2013 est officiellement soumis à la vente (et au verdict des consommateurs) depuis 0h00min1sec ! Nous le savons depuis quelques temps déjà : ce millésime s’annonce exceptionnel. Le Beaujolais Nouveau que nous produisons (en toute petite quantité) de manière totalement traditionnelle enchante  les papilles de tous nos clients.

Le Beaujolais Nouveau 2013 est arrivé !Cette année, le Beaujolais Nouveau est très fruité, avec des arômes étonnants et discrets de fruits rouges confits -mûre cuite avec quelques notes de cerise. Evidemment, vous trouverez en première bouche le goût de raisin. Impossible autrement vue la date des vendanges (fin septembre, début octobre).
Le fameux « goût de banane », que les journalistes arrivent à trouver à tous les Beaujolais Nouveau (alors qu’ils ne s’y connaissent rien en vin la plupart du temps), n’a jamais été un bon signe pour nous, producteurs ! Le goût de banane n’existe pas, il n’a même jamais existé. Nous avons pour coutume de dire que le Beaujolais Nouveau a pour principal arôme celui du raisin.
Les arômes plus complexes commencent à peine à se développer. Ce phénomène est, comme nous le disions, lié au fait que les grappes étaient encore accrochées à leur cep quelques semaines plus tôt. Cette année, pour le Beaujolais Nouveau 2013, cet arôme de raisin est donc encore plus prononcé.

Nous avons eu l’occasion, en qualité de professionnels implantés dans le vignoble Beaujolais, de goûter bon nombre de Beaujolais Nouveau : nous n’en avons pas trouvé un seul de qualité moyenne.
Deux explications possibles :

  • l’année est véritablement exceptionnelle et le millésime sera apte à vieillir (n’hésitez pas à déboucher une bouteille de Beaujolais Nouveau en juin ou juillet. Voire après. Vous pourriez avoir de très bonnes surprises) ;
  • les viticulteurs ont tous fourni un travail exceptionnel, ce qui signifie que la qualité des vins du Beaujolais devrait aller grandissante dans les prochaines années.

Quoi qu’il en soit, nous espérons que vous avez apprécié le Beaujolais Nouveau 2013 (ou que vous l’apprécierez si vous n’avez pas eu l’occasion de le déguster !)

Cette nuit, à 0h01, la percée du Beaujolais Nouveau a eu lieu à Beaujeu, capitale historique et originelle du Beaujolais ! Beaujeu accueille tous les ans « les Sarmentelles », un événement mondial regroupant des milliers de personnes dans les rues de cette toute petite ville.
La percée du Beaujolais Nouveau a lieu à l’ancienne à 0h00 devant une foule d’impatients ! La fête bat alors son plein jusqu’au petit matin. Le froid, souvent présent à cette époque, est souvent vaincu pour le plaisir d’assister à cet événement mondial, dans le coeur du vignoble.

Nous vous donnons rendez-vous dès le mois d’avril pour déguster les autres vins du millésime 2013 et, surtout, espérons que vous serez tout aussi nombreux pour le millésime 2014.

 

Dates du Beaujolais 2013, rétrospective en image : mai 2013

Que s'est-il passé dans le Beaujolais en mai 2013 ? Une photo pour le découvrir

 

Le Beaujolais en date et image. Photo du réveil de la vigne du Beaujolais en mai 2013Le réveil de la vigne s’effectue généralement dans la première quinzaine d’avril. Mais l’année 2013 a été exceptionnelle en tout point. Le retard de la nature, lié à une météo exécrable, est là pour le prouver.

Le phénomène que vous découvrez est rare et difficile à photographier. Il ne se passe que quelques jours par an, lorsque la vigne est juste assez poussée pour, avec les rayons du soleil couchant, donner l’impression qu’elle brille.

Alors qu’en pleine journée la vigne a ses couleurs d’hiver, le soir, un fin tapis vert vient colorer tout le vignoble dans une illusion d’optique presque magique.

Ce phénomène de « la vigne qui brille » ne dure que deux ou trois jours, grand maximum. et uniquement lorsque les rayons du soleil forment le bon angle avec la Terre.
Une fois que les ceps ont démarré leur progression, la nature va très vite. En une dizaine de jours, les sarments peuvent facilement atteindre une vingtaine de centimètres.

Pour fêter dignement ce mois de mai, nous vous invitons à découvrir le Chénas, notre cru du Beaujolais le plus rare

 

Beaujolais 2013, retrospective de l’année en photo : Février 2013

Retrospective Beaujolais en date 2013 : le mois de février

Le saviez-vous ? Traditionnellement, il était interdit de commencer les taillages avant la « Saint-Vincent », le 22 janvier.
Les femmes ne taillaient pas, elles « sarmentaient », en compagnie de leurs enfants.  Le « sarmentage » consistait au regroupement des sarments en petits fagots, souvent partagés à part égale entre le propriétaire et son fermier/métier.

Aujourd’hui, découvrez une photo des taillages dans le Beaujolais ! Le mois de février est traditionnellement celui occupé par les taillages.

Il faut environ 30 coups de sécateur par cep, pour nettoyer le plant. Un hectare accueille 10.000 ceps.

Profitez du mois de février, le mois des amoureux, pour découvrir le Saint-Amour, cru du Beaujolais fruité !

Date du Beaujolais 2013 : le mois de février 2013 et les taillages

Beaujolais : un millésime 2013 exceptionnel !

Une troupe de vendanges en Beaujolais - Récolte millésime 2013 à Fleurie

Si vous nous aviez posé la question voilà 3 mois, il est fort probable que notre réponse aurait été beaucoup moins catégorique que maintenant ! Mais voilà, cette fois, nous pouvons le dire, preuves à l’appui : le millésime 2013, dans les Crus du Beaujolais, s’annonce exceptionnel !

Cru du Beaujolais : Fleurie, une troupe de vendangeurs du Beaujolais. millésime 2013Nous avons essayé de vous le faire comprendre en temps et heure : la date de début des vendanges allait s’annoncer capitale et il s’avère que la décision du 24 septembre, arrêtée par les instances compétentes, était la bonne ! Une semaine de plus et toute la récolte allait être perdue.

Pour ce qui nous concerne, dans la région de Lancié – Morgon  Moulin à Vent (le nord du vignoble Beaujolais, soit la région des Crus), nous avons vendangé sur 3 journées : du 29 septembre au 1er octobre.
La maturité du raisin était excellente, parfaite. Quelques jours de plus auraient été fatals à la récolte 2013 et nous avons produit, semble-t-il, des vins excellents.

Cela ne fut malheureusement pas le cas pour tout le monde dans le Beaujolais !
Les vendanges ont été chaotiques, au niveau de la météo surtout. La date tardive de la récolte a eu des effets que certains avaient oublié : les brumes matinales, très abondantes dès le début de l’automne, n’ont pas été favorables à une bonne fin de maturation du raisin.
En désirant attendre quelques jours supplémentaires, certains viticulteurs ont commis une erreur. Toutefois, le savoir-faire de ces passionnés a souvent permis d’enrayer cette petite catastrophe.

De tous les vins du Beaujolais 2013 que nous avons pu goûter jusque là, 95% d’entre eux s’annoncent exceptionnels. Bien évidemment, la fermentation n’est pas finie dans la plupart des cas et il faudra laisser le temps au vin d’exprimer le savoir-faire de son vigneron.
Bien évidemment, nous ne pouvons pas être sûrs que les vins vieilliront de la meilleure manière qui soit.

Ce millésime Beaujolais 2013 sera à surveiller de prêt. Parole d’expert !
Vous pourrez les retrouver chez nous, d’ici quelques mois !

[Marketing] Comment sauver le Beaujolais ?

Comment sauver le Beaujolais ? E-vigneron

Voilà un sujet intéressant, qui pourrait demander plusieurs jours de travail si l’on voulait être le plus complet possible.

La délicate mission de sauver le Beaujolais : une mission impossibleEt puis, réflexion faite, en commençant cet article, on ne sait pas vraiment par où débuter. Le sujet est vaste, complexe, varié. Les possibilités sont infinies. Car oui, elles le sont. Mais ça, jamais, JAMAIS, un viticulteur dans le Beaujolais ne vous le dira. Car lui, ce qui le préoccupe, c’est qu’il n’a plus le même train de vie qu’avant, qu’il est déprimé, que c’est dur, que sa vigne est malade, qu’il ne peut plus payer ses factures pour son tracteur en panne pour la sixième fois en cinq mois, qu’il ne sait pas s’il pourra passer le prochain bilan comptable, qu’il va falloir engager des vendangeurs et les payer, que l’orage de la veille a endommagé deux hectares de vignes, qu’il a été obligé de vendre son vin à perte à un négociant qui ne lui a pas laissé le choix, que les gens n’achètent plus de vin de toute manière car c’est la crise, que tout ça…
Enfin si, quelques uns vont avoir quelques touches d’optimisme, mais ils sont rares. Mais ils sont là.
Mais globalement, le viticulteur du Beaujolais, lui, ne va pas voir le potentiel qu’il a entre les mains. Pourquoi ? Simplement car il n’a jamais appris autre chose qu’à travailler ses vignes ou son vin. Et puis en même temps, peut-on lui en vouloir à ce viticulteur déprimé ? Non. Car son métier c’est de cultiver de la vigne et d’élever des vins, pas de faire du marketing. Car tout ce qui tenait lieu du marketing, dans le Beaujolais, était tenu de main de « maître » (sic!) par cet organe dont nous faisions mention au sujet de l’élection de la grande sauveuse du vignoble, autrement nommée Mademoiselle Beaujolais Nouveau : l’InterBeaujolais (autrefois nommé l’UIVB).

Alors l’InterBeaujolais, vous l’aurez compris est, pour nous, une fumisterie. Mais pas le genre de petite fumisterie. On pourrait dire qu’il pourrait éventuellement -mais c’est pas sûr- s’agir d’une escroquerie mais on va peser nos mots parce qu’on sait jamais ce qui pourrait nous tomber dessus. Donc restons-en là : l’InterBeaujolais serait-il une fumisterie ? Et si oui, Pourquoi ?
L’InterBeaujolais c’est juste un groupuscule d’héritiers de pseudo-personnalités qui ont eu un certain pseudo-pouvoir, et une certaine notoriété, quand le vignoble a été réglementé et inventé dans les années 30/40. Et donc les héritiers, c’est bien connu, ils ne sont pas souvent capables de faire quoi que ce soit de bien constructif (à quelques exceptions près).
En plus, si on veut voir nos vins agréés (donc si on veut qu’ils soient vendus sous l’AOC correspondant à leur gamme), il faut qu’on leur verse des cotisations volontaires-obligatoires qui serviront au budget-communication. Mais bon, en même temps, la mission principale de l’Inter étant quand même de travailler à la communication du vignoble, on voit mal où, ailleurs que dans le budget « communication », de telles sommes pourraient aller…

Sans transition, et comme je viens de trouver comment donner tout un sens à cet article, je vais commencer par un rapide panorama du Beaujolais.

Beaujolais : le temps du visionnaire

Remontons après-guerre.
Un génie et visionnaire commence, seul, dans son coin, à travailler à l’image du Beaujolais. Il a de grandes ambitions, veut que le vignoble Beaujolais devienne mondialement connu. Il s’agit de Georges Duboeuf, un petit négociant à l’époque. En moins de 30 ans, il  réussit à faire du Beaujolais LE vin de fête par le biais du Beaujolais Nouveau. Son coup marketing est parfait. Un travail de longue haleine auquel l’homme a consacré sa vie.

Gerorges Duboeuf, le visionnaire du Beaujolais NouveauSa mission est réussie. On ne pouvait faire mieux. Vraiment. Durant des décennies, Georges Dubœuf a pensé chaque détail du premier vin de l’année, s’entourant des célébrités de l’époque ou de quelques frasques qui relèvent maintenant de l’anecdote.
Au mois de novembre, tout le monde en Beaujolais vit au rythme de la sortie du Beaujolais Nouveau. Que ce soit les viticulteurs mais également les commerçants, les entreprises qui livraient les bouteilles, les filtreurs, les chaînes de mise en bouteilles, etc. Toute une économie locale qui se pliait à l’heure du Beaujolais Nouveau.
Sentant bien que l’effet de mode du Beaujolais Nouveau ne perdurerait pas des années, du fait de l’évolution de la société, l’homme décide de passer à la seconde étape et de mettre de côté, sans toutefois l’abandonner, SON Beaujolais Nouveau.
Nous sommes alors en 1993 et le Hameau du vin ouvre ses portes. L’objectif est clair : il faut désormais travailler sur l’œnotourisme pour amener du monde dans le vignoble. Banco, une fois de plus. Le parc œnotouristique est un succès. Un succès vraiment mérité, qui plus est, avec un parc de caractère, aussi captivant pour les petits que les grands.

Alors que tout le monde avait suivi Georges Dubœuf dans son entreprise de glorification du Beaujolais Nouveau, personne, ou très peu, ne s’est intéressé à ce qui était l’étape la plus importante pour faire du Beaujolais un vignoble d’exception : attirer des touristes sur ces terres pour leur faire prendre conscience que le Beaujolais est un vignoble, riche de complexités, de vins, d’hommes et de femmes de caractère, de paysages sublimes, d’histoires, de légendes et de savoir-faire uniques. Personne ne s’y est véritablement intéressé. Ou alors pour critiquer, pour dire qu’il voyait trop grand, que ça ne servirait à rien ; qu’ici, on faisait du vin et non du tourisme.
J’ai quelques souvenirs du moment où le Hameau du vin a été ouvert au public et je me souviens clairement, du haut de mes 10 ans, avoir entendu de telles choses sortir de la bouche de viticulteurs ou d’anciens viticulteurs. Pas tous, certes. Certains trouvaient l’intention louable sans vraiment en comprendre l’intérêt réel. D’autres étaient envieux.
Le fait qu’il y ait un magasin à la sortie du musée, passage obligé pour le touriste, n’allait pas servir les velléités des petits producteurs. Oui, certes. C’est vrai. Mais n’oublions pas le métier premier de M. Dubœuf : vendre du vin, estampillé Georges Dubœuf, qu’il achetait à des petits producteurs. Sa notoriété, et celle de ses vins, devait bien continuer à dominer le marché du Beaujolais. Il ne faut pas se voiler la face non plus. Dans une logique de développement d’entreprise, où la rentabilité est le cap à garder, il fallait bien que les vins Georges Dubœuf soient les premiers à être présentés aux touristes ayant poussé la porte de SON musée ! Si cela n’avait pas été fait, cela aurait été une grave erreur de marketing, d’ailleurs. Mais ça, les « Gens du Cru » ne le comprenaient pas.

Donc là encore, un succès pour Georges Dubœuf, quoique légèrement plus mitigé, qui semblait pousser le vignoble Beaujolais vers une nouvelle dimension : celle des vignobles d’exception, à l’image de l’Alsace, de la Bourgogne, du Bordelais ou de la Champagne. A la fin du XIXème siècle, les coups marketing de la Maison Mercier (Champagne) n’ont-ils pas propulsé le vignoble champenois au niveau qu’il est aujourd’hui ?

Le Beaujolais Nouveau : un choix marketing risqué sur le long terme

Lorsque M. Dubœuf a développé le concept du Beaujolais Nouveau pour le pousser jusqu’au bout et l’user jusqu’à la corde, l’InterBeaujolais l’a suivi, lui offrant les moyens de communiquer autour de SON produit. Le négociant y mettait sûrement également beaucoup de sa poche pour arriver à ce résultat. Mais tout le monde était gagnant à ce petit jeu du Beaujolais Nouveau. Et comme tout le monde était gagnant, tout le monde était content. L’équation est simple : un gagnant=un content.
Tous les vignerons, voyant que l’Inter suivait, ont également, tels des moutons bien dressés, suivi le mouvement. Ils participaient à cet événement planétaire à leur échelle (car il faut bien le rappeler, jusqu’au début des années 90, la sortie du Beaujolais Nouveau était un véritable événement planétaire). Tout le monde partait le 3ème jeudi de novembre à minuit pile pour arriver le plus tôt possible à Paris pour que la totalité des bistrots soient livrés avant midi.
Une véritable course avait lieu entre Romanèche-Thorins (siège de l’entreprise de Georges Dubœuf) ou les petites exploitations du vignoble, et Londres. Il y a 25 ans, le premier qui traversait la Manche en bateau, en avion, à la nage (car le tunnel n’existait pas encore), remportait la course. C’était un titre honorifique, mais qu’importe : il donnait de la saveur au mythe du Beaujolais Nouveau. Il donnait de la saveur au Beaujolais Nouveau. Celui qui le goûtait en premier le trouvait forcément bon. Forcément, même s’il ne l’était pas tant que ça. Et pourquoi ? Car le marketing avait fait le reste. Car le marketing avait travaillé à son image et à sa légende.
Sur les parkings des autoroutes, lorsque les viticulteurs faisaient une simple pause, il leur arrivait de vendre plusieurs bouteilles à des personnes arrêtées au même endroit.
Bref, dès la fin des vendanges, dans le Beaujolais, tout le monde se préparait au marathon du Beaujolais Nouveau.

Maintenant, plus rien n’est respecté. Vous pouvez même en trouver disponible à la vente une semaine avant la date de commercialisation officielle qui est, rappelons-le, le 3ème jeudi de novembre à 0h00.
Comment voulez-vous, en se basant sur ce simple dernier fait, que le Beaujolais Nouveau puisse sortir le vignoble Beaujolais de la crise qu’il traverse ?

Marketing vin : comment sauver le vignoble Beaujolais ?Et pourtant, les gens de l’Inter continuent à « travailler » autour. Continuent, sans cesse, sans relâche, en se disant on-ne-sait-trop-quoi, mais ils foncent tête baissée vers un mur en plomb qui se rapproche de plus en plus et de plus en plus vite ! Pour le Beaujolais Nouveau 2012, ce sont près de 2 millions d’euros qui ont été investis dans une campagne de communication de 6 jours. A près de 300.000  € la journée, ça fait cher le coup de pub pour un produit qui plonge l’intégralité du vignoble dans un abyme sans fond.

Comme en Beaujolais les gens sont restés de petits moutons bien dressés, exactement les mêmes qu’au temps du succès de ce vin, qu’en plus, certains de ces moutons sont maintenant accompagnés de leurs héritiers, hé bien le collège de viticulteurs du Beaujolais continue à donner l’aval à de telles dépenses de communication pour un vin qui ne se vend plus et dont l’image médiocre rejaillit sur l’ensemble des autres vins du vignoble, de qualité nettement supérieure.

Beaujolais : comment sauver le vignoble ?

Le problème est là : on cherche à se rattraper à des fragments de cordes qui sont tous sur le point de céder et on laisse faire ceux qui se croient suffisamment intelligents et professionnels pour gérer une telle crise.

Concrètement, les problèmes sont :

  • un collège de viticulteurs qui dirigent l’InterBeaujolais, héritiers d’anciens dirigeants de l’InterBeaujolais ;
  • le problème de subventions dont dépend l’InterBeaujolais, ne laissant aucune marge de manœuvre aux vignerons qui ne désirent pas participer à la communication globale ;
  • des vignerons qui se voilent la face en se disant que l’InterBeaujolais va leur sauver la mise, mais qui n’y croient absolument pas dans le fond ;
  • un désir complètement rétrograde de surfer sur cette mini-vague de mode du Beaujolais Nouveau ;
  • un manque de recul par rapport à ce qui doit être fait, et un manque de créativité (toujours du collège de viticulteurs qui dirige l’Inter) ;
  • une ténacité à s’accrocher à un produit à l’image merdique et médiocre (il ne faut pas avoir peur d’employer les mots justes),  éclaboussant au passage la totalité des vins produits sur le vignoble. Cette ténacité est toujours du fait du collège de viticulteurs dirigeants l’Inter ;
  • un refus de travailler sur l’image de marque de chacun des différents vins du Beaujolais ;
  • des vignerons qui ne croient plus en leur avenir, incapables de prendre des décisions communes, pour leur bien-être commun et la pérennité de leur vignoble ;
  • des négociants qui font la pluie (rarement le beau temps) sur le vignoble, forçant les vignerons à vendre leurs vins à perte, et poussant le Beaujolais dans une crise encore plus profonde ;
  • un manque cruel d’une personnalité charismatique capable de porter un projet solide et construit, tel que Georges Dubœuf l’a été jusqu’à récemment ;
  • le refus du vignoble de basculer tête la première, dans une démarche solidaire, dans le XXIème siècle (donner les moyens aux viticulteurs de basculer dans le numérique et leur en expliquer tous les enjeux) et dans l’œnotourisme ;
  • un manque d’identité du vignoble (aucune fête ou manifestation, hormis la Fête des Crus qui, il faut bien le dire, bat de l’aile).

Logo de l'inter-BeaujolaisLorsque chacun de ces points aura été clarifié, on pourra considérer que le Beaujolais sera sur la bonne voie pour être sauvé. On pourra même considérer que nous aurons sauvé le Beaujolais.

Pour l’instant, rien n’est fait, rien n’est même possible. C’est bien là tout le problème.

Pour avancer, il faudrait que chacun des viticulteurs décident de ne plus soutenir l’InterBeaujolais. Mais s’ils partent dans cette direction, ils n’auront plus le droit de vendre leurs vins sous l’appellation à laquelle ils peuvent prétendre, etc. Les viticulteurs font vivre l’InterBeaujolais qui tuent petit à petit les viticulteurs en leur réclamant toujours plus d’argent pour vivre, etc.
Le problème majeur est donc cet organe de communication officiel, de propagande d’un autre siècle, qu’est l’InterBeaujolais.

Pour sauver le Beaujolais, la seule solution envisageable semble être de ne plus suivre Le Beaujolais, en tant qu’institution. Pour sauver le Beaujolais, il faut tout détruire, faire table-rase du passé pour repartir sur des bases saines et solides.

[Tourisme] Juliénas : petite histoire du célèbre cru du Beaujolais

Fresque à l'entrée du village de Juliénas, village de Beaujolais

Comment accéder à Juliénas, dans le Beaujolais ? Carte d'accèsJuliénas, c’est d’abord un petit village du Beaujolais. Situé à l’extrême Nord du département du Rhône, entre les communes de Jullié à l’Ouest, Pruzilly  et Saint-Vérand au Nord, Saint-Amour-Bellevue à l’Est et Chénas au Sud, c’est un petit havre de paix où la tranquillité et la douceur de vivre sont légions.

Juliénas pourrait être un hameau de Jullié. Il se serait développé indépendamment de sa paroisse originelle.
En effet, étymologiquement, Juliénas est composé de « Jullié » et de « As » qui signifiait « propriété de… ». Le débat est donc ouvert : Jules César, qui fait mention de la région dans sa Guerre des Gaules, a-t-il donné son nom à Jullié, village voisin, ou à Juliénas ?
Moi, ce débat me fait penser à la célèbre question : « de l’oeuf ou la poule, quel est le premier ? « . Pas vous ?

A peine 900 âmes y vivent, perchées sur les nombreuses collines qui font de ce village une petite pépite du vignoble.
Hormis des vins très caractéristiques, Juliénas est aussi connu pour ses joyaux architecturaux.Arrêtons-nous quelques instants dans ce petit village et savourons ensemble cette jolie histoire.

Juliénas : des lieux mythiques.

Beaujolais et tourisme : le village de Juliénas et son paysage escarpéEn arrivant à Juliénas par la D95 puis la D17E, vous allez rapidement vous rendre compte de ce qui semble une hérésie : deux églises siègent fièrement au centre du village, et vous auriez bien raison de vous interroger à ce sujet.
En fait, un seul des deux bâtiments est bien une église. L’autre l’a été jusqu’en 1868, mais elle a été désaffectée. C’est seulement en 1954, sous l’impulsion de Victor Peyet, l’un des ambassadeurs du Cru, que cet ancien lieu de culte fut transformé en caveau de dégustation : le cellier de la vieille église.
Victor Peyet, accompagné de son comparse le journaliste Toto Dubois, bien connu du directeur du Canard Enchaîné, a fait beaucoup pour la notoriété du Juliénas. Victor Peyet était, quant à lui, un négociant en vins qui fut introduit dans le cercle très fermé des chansonniers de Montmartre.
N’hésitez pas à faire une petite halte par le Cellier de la vieille église pour y découvrir cette atmosphère unique en Beaujolais !

Autre curiosité : la Maison de la Dîme. En vous enfonçant dans le village en direction du hameau de Vaux, vous pourrez apercevoir ce petit bijou architectural, datant, pour la partie la plus ancienne, de la fin du XVIème. Sa façace à l’Italienne, typique de la Renaissance, laisse imaginer à quel point les propriétaires de l’époque pouvaient être puissants et riches.
Cette Maison de la Dîme n’était, pour autant, pas spécialement des plus appréciées des contemporains. En effet, les viticulteurs devaient verser 1/12 de leur récolte à l’Eglise catholique (pour rémunération). Cette taxe, souvent considérée comme injuste, nécessitait de grandes capacités de stockage, d’où ses proportions.
La Maison de la Dîme dépendait à l’époque du Chapître de Saint-Vincent-de-Mâcon, en Saône-et-Loire (alors que Juliénas est maintenant dans le département du Rhône).

Maisons traditionnelles sur la commune de Juliénas, dans le BeaujolaisPlusieurs châteaux ont été construits sur le territoire de la commune de Juliénas.
A quelques centaines de mètres du centre du village, le bien nommé Château de Juliénas, bâti entre le XVème et le XVIIème siècle, est malheureusement privé. Il vous sera impossible de le visiter mais vous pourrez espérer, en passant devant, découvrir furtivement ce petit trésor architectural.

De l’autre côté du petit ruisseau qui s’écoule en contrebas du centre du village, vous pourrez y apercevoir le Château des Janroux (privé) mais, surtout, le Château du Bois de la Salle où s’est installée la Cave des producteurs de Juliénas. Cette coopérative a été créée en 1960 par 83 viticulteurs désireux d’unir leurs forces pour vinifier le produit de 95 hectares de vignes.
La Cave des producteurs de vins de Juliénas est située dans une aile du prieuré du Château du Bois de la Salle, bâti à la fin du XVIIIème siècle, par Charrier de la Roche, le premier aumônier de Naopléon Ier.

Mais en vous promenant dans le village de Juliénas, vous pourrez également y découvrir de nombreux petits trésors, tous aussi charmants les uns que les autres.
Des maisons traditionnelles Beaujolais, des cadoles -ces petits cabanes posées ci-et-là au milieu des vignes- vous n’avez pas fini de découvrir toutes les merveilles de ce petit village, dont est originaire l’un des Crus du Beaujolais les plus médiatiques.

Le Juliénas : quand le Canard lui faisait gloire.

Cette fresque se situe à l'entrée du village de Juliénas, dans le BeaujolaisNous en faisions mention tout à l’heure : le directeur du Canard Enchaîné connaissait bien Toto Dubois et Victor Peyet, les deux ambassadeurs du Cru Juliénas à la fin de la guerre.

C’est donc tout naturellement que les journalistes du Canard ont fait de ce vin l’un de leurs emblèmes. Une expression est même née de cet engouement pour ce Cru du Beaujolais : « Aller prendre les eaux à Juliénas ». Les journalistes et écrivains amateurs du Cru considéraient qu’ils venaient en cure dans le Beaujolais comme certains se rendaient à Vichy (dont l’image avait été malmenée par l’installation du Régime du même nom pendant l’Occcupation). Fort à parier qu’ils retrouvaient l’inspiration perdue après quelques verres.
Cette vague d’intérêt chez les journalistes transforma le petit village et le vin du même nom en une petite curiosité nationale. Tout le monde, en France, connaissait le Juliénas et l’assimilait à un vin de fête et de bonne humeur. Une publicité gratuite, qui serait de nouveau bienvenue.

Pour découvrir notre Juliénas, n’hésitez pas à nous contacter.

NB : pour des raisons de droit de reproduction des bâtiments, nous avons préféré ne pas vous montrer les différentes images des lieux que nous vous avons présenté. Merci pour votre compréhension.

[Vidéo] Travail de la vigne : le cisaillage manuel dans le Beaujolais

Le travail de la vigne dans le Beaujolais : le cisaillage manuel

Le travail de la vigne dans le Beaujolais, mais comme dans tous les vignobles de France, est resté très traditionnel.

Même si le tracteur, et la mécanisation, ont souvent remplacé la main de l’homme ou de l’animal, il est fréquent, voire quotidien, que le viticulteur ait besoin de mettre la main à la pâte ! Mais après tout, c’est son métier, n’est-ce pas ?

Dans certaines parcelles du Beaujolais, souvent trop escarpées, il serait dangereux qu’un tracteur vienne cisailler la vigne (ou rogner comme nous l’avons vu la dernière fois). Pour éviter tout accident (il en arrive assez souvent, malheureusement), il est alors conseillé, il est voire impossible de faire autrement que de prendre une cisaille (de grands ciseaux) et de couper chaque sarment trop long à la main (le sarment de vigne est une branche).

Nous n’avons pas eu l’opportunité de filmer le relevage de la vigne, qui permet à celle-ci de se tenir bien droit et de ne pas se casser au moindre coup de vent… Ce sera pour l’année prochaine !

[Sondage] Et vous, comment achetez-vous votre vin ?

Sondage consommation et achat de vin de France

Nous nous posons, en ce moment, beaucoup de questions concernant l’achat de vin en France par les Français.
Puisqu’il est difficile d’obtenir toutes les réponses à nos nombreuses questions, nous avons choisi de vous les poser, en espérant avoir des retours honnêtes concernant ce sondage sur l’achat de vin.
Cela nous permettrait d’avoir des éclaircissements sur VOS habitudes de consommation.
Nous n’allons baser aucune étude sur vos réponses potentielles, mais cela permettrait de confirmer ou infirmer certaines tendances que nous avons cru remarquer.

Merci des quelques minutes que vous aurez bien voulu nous accorder.

Quel est le canal par lequel vous passez pour acheter du vin ?

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Quel type de vin consommez-vous le plus ?

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Le type de vin que vous consommez varie-t-il en fonction de la saison ?

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A quelle saison avez-vous l'habitude de boire davantage de rosé ? (même s'il ne s'agit pas de votre consommation majoritaire)

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A quelle saison avez-vous pour habitude de boire davantage de vin rouge ?

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A quelle saison avez-vous pour habitude de consommer davantage de vin blanc ?

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A quelle saison avez-vous pour habitude de boire davantage de vin pétillant ?

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De quelle vignoble est originaire votre vin favori ?

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Hormis le Beaujolais Nouveau et le Beaujolais, pourriez-vous citer un autre vin produit sur le vignoble Beaujolais ?

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Quelle image est véhiculée par le Beaujolais nouveau ?

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Si vous consommez des vins du Beaujolais, quel est votre préféré ?

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Quel est le prix que vous dépensez, d'ordinaire, pour une bouteille de vin ?

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Quelle somme seriez-vous prêt à depenser pour un Cru du Beaujolais de producteur ?

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Quelle somme seriez-vous prêt à depenser pour votre Cru du Beaujolais favori (vin de producteur) ?

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Vous désirez faire un cadeau original à un proche. Si vous aviez la possibilité d'acheter un Beaujolais de l'année de naissance de votre proche, cela vous intéresserait-il ?

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Quelle somme maximale seriez-vous prêt à dépenser pour un vin de l'année de naissance de votre proche ?

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Vous êtes ?

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Vous avez

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[Vidéo] Travail de la vigne : le rognage

Travail de la vigne Beaujolais : le rognage

Une petite vidéo de quelques secondes pour vous présenter le travail de la vigne d’un viticulteur, en ce moment ! Il consiste à cisailler la vigne, ou la rogner, c’est à dire couper les côtés et le dessus de chaque cep.

Le travail de la vigne et le dangereux travail du rognage, le cisaillage. Vin du BeaujolaisPour ce faire, la machine présentée ici, montée sur un tracteur, va passer au dessus de chaque rang de vigne et couper les branches qui seraient trop longues, qui dépassent.

Une fois que la fleur de vigne est passée, les raisins ont besoin du plus d’énergie possible, et donc de sève possible, pour se développer comme il fait. Couper les branches trop longues permet de rediriger la sève vers les raisins pour permettre un meilleur développement.
Par ailleurs, la vigne pousse très vite et très rapidement. Il est donc essentiel de pouvoir contrôler la pousse de ses branches, afin d’éviter que son champ ne ressemble à une jungle au bout de quelques semaines.

 

[Quizz]Les Crus du Beaujolais : questionnaire sur des vins de France peu connus.

Estimation de vieilles bouteilles du Beaujolais ! Cotation vin de France sur e-vigneron.com

Vous pensiez tout connaître du vignoble Beaujolais ? Et si vous vous laissiez tenter par ce quizz de 20 questions sur les Crus du Beaujolais ?

Les vins Français : les Crus du Beaujolais et leur histoire

Les Crus du Beaujolais sont des vins méconnus. Nous vous proposons un quizz qui vous permettra de mesurer votre niveau de connaissance sur ce vignoble, dont les vins rivalisent parfois avec ceux de Bourgogne.

Accrochez votre ceinture direction les Monts du Beaujolais, n'oubliez pas votre verre à dégustation (on sait jamais, ça pourrait vous servir) et laissez vous embarquer dans cette fabuleuse aventure, où vont se mêler secrets de fabrication, légendes locales, géologie, architecture, sans oublier l’œnologie.

Départ
Félicitation - vous avez complété Les vins Français : les Crus du Beaujolais et leur histoire. Vous avez obtenu %%SCORE%% sur %%TOTAL%%. Votre performance a été évaluée à %%RATING%% Pour découvrir notre vignoble et ses nombreux vins, réservez tout de suite une nuit en chambres d'hôtes chez Agnès et Marcel Durand, à Lancié ! Chambres d'hôtes en plein coeur du Beaujolais chez Agnès et Marcel Durand, Lancié
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Vins du Beaujolais : mais au fait, c’est quoi un « cru du Beaujolais » ?

Cru du Beaujolais - Qu'est-ce qu'un cru du Beaujolais ? Explications

La question va sûrement sembler d’une banalité sans borne si vous connaissez le vignoble mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

Depuis toujours, nous tenons pour acquis que tout un chacun a une connaissance poussée des vins du Beaujolais. Mais devant le travail calamiteux de l’InterBeaujolais au travers des décennies, on ne peut dresser qu’un seul constat : les consommateurs dans leur globalité ne connaissent du Beaujolais que le Beaujolais Nouveau. Ils associent toutes les AOC du Beaujolais au Beaujolais Nouveau. Sans distinction.

Pour la petite anecdote, je me souviens d’une dame sur une foire, quand j’étais plus jeune. Elle voit que mes parents produisaient du Morgon et s’arrête : « Tiens. Du Morgon ? Mais c’est bon ça !!! » En levant la tête, elle voit qu’on est du vignoble Beaujolais : « Ah mais c’est du Beaujolais ? J’en veux pas alors ».
Cette petite anecdote est symptomatique.

Alors aujourd’hui, on décide de passer du temps sur une question qui mérite une véritable réponse :  » Mais au fait, c’est quoi un Cru du Beaujolais ? »

Avant de commencer, il semble indispensable de faire un petit rappel lexical :

  • AOC signifie Appellation d’Origine Contrôlée. Il faut répondre à un cahier des charges complet et précis pour pouvoir prétendre vendre un produit sous une AOC. Les AOC ne concernent que des produits Français ;
  • AOP signifie Appellation d’Origine Protégée. Il s’agit de la même chose que les AOC mais au niveau européen.

Tous les produits Européens peuvent bénéficier d’une AOP s’ils respectent un cahier des charges précis. Seuls les produits du sol Français, respectant le cahier des charges imposé, peuvent bénéficier d’une AOC. Ainsi, vous ne trouverez pas un Champagne élaborés en Australie ou en Roumanie. Un Champagne est produit uniquement en Champagne. Un Champagne aura reçu l’aval de l’AOC pour avoir le droit d’être commercialisé en utilisant ce nom.

Comme une AOC est une AOP, et pour faciliter la compréhension, nous ne parlerons ici que d’AOC.

Comprendre le Beaujolais avec plusieurs cartes

On a beau dire, la carte reste l’un des meilleurs moyens d’exprimer ce qui est, parfois, difficilement explicable par de simples phrases.

Le vignoble Beaujolais est composé de 12 AOC différentes. Ces 12 AOC sont réparties en trois grandes familles :

  • principalement au Sud du vignoble, l’AOC Beaujolais ;
  • au centre du vignoble, souvent à proximité de la zone du Nord du Beaujolais, l’AOC Beaujolais Villages
  • exclusivement au Nord du vignoble, jouxtant le Mâconnais donc les vins de Bourgogne, les 10 AOC les plus prestigieuses (à défaut d’un autre terme) regroupées sous le terme « Crus du Beaujolais ».

Carte de situation générale du Beaujolais

Le vignoble Beaujolais : situation généraleLe vignoble Beaujolais est situé à l’Ouest d’une ligne Mâcon/Lyon, une ligne délimitée par le Saône.
Ses villes principales sont Villefranche-sur-Saône, Belleville-sur-Saône, Le Bois d’Oingt, L’Arbresle, Anse et Beaujeu.
Historiquement, Beaujeu est la capitale du Beaujolais mais sa situation géographique, difficile d’accès, lui a desservi. Villefranche a remplacé Beaujeu en tant que capitale économique de la région à partir de la Renaissance.

Des dizaines de villages et hameaux parsèment le vignoble.

A l’Ouest, on trouve le Beaujolais Vert, une zone couverte de forêts et de pâturages.
A l’Est, délimitée par la Saône, on trouve la Dombes, une région de plaine marécageuse.
Au Sud, les Monts du Lyonnais.
Au Nord, le vignoble Mâconnais.

L’ensemble du vignoble Beaujolais peut prétendre à l’AOC Beaujolais.

La superficie de production a terriblement chuté ces dernières années sans que l’on puisse trouver de chiffres fiables (selon les sources, ces chiffres diffèrent. Aucune instance officielle ne semble vouloir s’aventurer à publier lesdits chiffres). On considère que le vignoble Beaujolais représentait environ 22.000 hectares jusqu’au milieu des années 2 000. Toutes les terres libres étaient plantées en vigne. Désormais, il n’est pas rare de voir des terrains en jachère ou transformés en lotissements.

Devant l’explosion du prix du marché de l’immobilier et du terrain à bâtir, et devant des difficultés économiques manifestes, de nombreux propriétaires terriens préfèrent vendre leurs biens à des promoteurs immobiliers qui dénaturent les paysages typiques de notre région. Les nouveaux arrivants du Beaujolais ne sont pas à blâmer : ce seraient les promoteurs qui détruisent notre région pour leurs profits, qu’il faudrait interpeller.

C’est un autre débat.

Cartes du Beaujolais : la zone des AOC des crus

Carte du Beaujolais : les 12 AOC du BeaujolaisAvant toute chose, je vais revenir sur ce que je disais en guise d’introduction. Le vignoble Beaujolais produit trois grandes familles de vins :

    • les vins dans la zone de l’AOC Beaujolais ;
    • les vins dans la zone de l’AOC Beaujolais Villages qui se situent exclusivement au nord de la rivière « le Nizerand ».
    • les vins dans la zone des AOC des Crus du Beaujolais.

La zone des Crus a reçu 10 AOC différentes. Ainsi, chaque vigne située sur un territoire défini peut prétendre à l’AOC de sa zone, à condition de se référer à un cahier des charges strict.

Ainsi, dans la famille de la zone des AOC des Crus du Beaujolais, il faut considérer de manière très schématique qu’il existe 10 grands types de vins différents.
Bien évidemment, un producteur ne travaillera pas ses vignes de la même manière que son voisin, ne vinifiera pas ses vins de la même manière. Ainsi, il existe autant de vins d’une AOC qu’il existe de producteurs.

Pour compliquer un peu les choses : même si un Morgon appartient au vignoble Beaujolais, il est interdit aux producteurs de Morgon d’elaborer du « Morgon Nouveau ». Morgon étant un cru du Beaujolais, il dispose de son AOC spécifique nommée « Morgon ». Seuls les producteurs de Beaujolais et de Beaujolais Villages ont la possibilité d’élaborer et de vendre du Beaujolais Nouveau ou du Beaujolais Villages Nouveau.
Mais si ce producteur détenant des vignes sur l’AOC Morgon le souhaite, il peut déclasser son vin pour produire du vin d’AOC Beaujolais-Villages (pour proposer à ses clients du Beaujolais Nouveau souvent), voire du vin d’AOC Beaujolais (Nouveau souvent).

En 2010, alors que la zone de l’AOC Beaujolais représentait une superficie de 8.000 hectares, 6.000 hectares pour l’AOC Beaujolais Villages, les AOC de la zone des Crus du Beaujolais représentaient environ 6.000 hectares. En terme de rendement, les AOC Beaujolais et AOC Beaujolais Villages ont la possibilité de produire légèrement  plus de vin à l’hectare que les AOC de la zone des Crus.

Les AOC des Crus du Beaujolais jouissent d’une image plus qualitative, car plus rare. C’est notamment dû à la typicité de la géologie de la zone nord du vignoble.

Le Nizerand est une rivière qui divise le vignoble en deux : au nord de celle-ci, les roches sont totalement différentes du sous-sol situé au sud de cette limite. Tout est une question de géologie, dans le fond.

Carte de la zone des Crus du Beaujolais : un peu plus de détails

Carte du Beaujolais : zoom sur la zone des 10 AOC des Crus du Beaujolais.Comme je m’évertue à l’expliquer laborieusement, la zone des Crus du Beaujolais est une zone située au Nord du vignoble Beaujolais. Elle ne s’étend que sur 6.000 hectares et elle est composée de 10 AOC différentes.

Du Sud au Nord, on trouve l’AOC Brouilly (1 300 hectares), l’AOC Côte de Brouilly (310 hectares), l’AOC Régnié (400 ha), l’AOC Morgon (1 100 hectares), l’AOC Chiroubles (360 hectares), l’AOC Fleurie (870 hectares), l’AOC Moulin à Vent (660 hectares), l’AOC Chénas (270 hectares), l’AOC Juliénas (580 hectares) et l’AOC Saint-Amour (320 hectares).

Chacune des AOC des Crus du Beaujolais est délimitée par un type de roches. Le sous-sol d’un terrain déterminera s’il peut bénéficier d’une AOC ou d’une autre. Ca se joue à quelques mètres près : si vous êtes autour de la zone des AOC des Crus (donc généralement en AOC Beaujolais Villages), il peut arriver que votre parcelle de vignes se trouve sur l’AOC Beaujolais Villages alors que la parcelle voisine sera située sur une AOC de la zone des Crus.

Les AOC de la zone des Crus du Beaujolais ont été délivrées par l’INAO entre 1936 et 1988.
Moulin à Vent, Chénas, Fleurie, Chiroubles et Morgon ont été les premières AOC de la zone des Crus du Beaujolais. L’intégralité du vignoble a eu, quant à lui, le droit de produire de l’AOC Beaujolais à partir de 1937. Auparavant, rien n’avait été légiféré à ce sujet. Des coteaux de Lyonnais pouvaient sûrement vendre du Beaujolais avant que les limites ne soient établies. La création de l’AOC Beaujolais-Villages remonte à 1950.
Régnié est la dernière AOC de la zone des Crus du Beaujolais à avoir été délivrée par l’INAO.

Pour les vins de l’AOC Beaujolais-Villages, afin de mettre en avant un terroir spécifique, les producteurs ont la possibilité, s’ils le souhaitent, de remplacer le terme « Villages » par le nom du village sur lequel le raisin est arrivé à maturité.
Ainsi, à Lancié, comme nous sommes partiellement en AOC Beaujolais-Villages, nous avons le droit de produire du Beaujolais Lancié si nos vignes poussent sur un terrain d’AOC Beaujolais-Villages. A Lantignié, les producteurs peuvent produire du Beaujolais Lantignié. Ce serait néanmoins impossible pour un vin dont les raisins ont poussé à L’Arbresle.

Avant-guerre, il y a eu une volonté nationale d’organiser les vignobles de France. Pour le vignoble Beaujolais, il s’agissait avant tout de promouvoir certains vins provenant de zones particulières. Le but étant de distinguer ces vins de l’ensemble des vins produits sur le vignoble. Cette hiérarchie (dans la gamme) peut sembler arbitraire.

Notre Morgon, cru du Beaujolais, est un vin de caractère.

Le problème de confusion entre l’AOC Beaujolais et les vins du Beaujolais a une raison très simple. Le nom du vin le plus connu, le Beaujolais Nouveau (qui est une subdivision de l’AOC Beaujolais) utilise le nom du vignoble. Si le nom de l’AOC avait été « Tartempion » il n’y aurait probablement jamais eu de confusion. Et tout aurait été beaucoup plus clair pour tout le monde.

Pour conclure, les Crus du Beaujolais sont des produits différents des AOC Beaujolais et des AOC Beaujolais Villages. Ils appartiennent au même vignoble, mais sont structurés différemment, sont vinifiés différemment, et touchent des cibles différentes.

[Crise] Sauver le Beaujolais : quelques pistes.

Crise : sauver le Beaujolais, quelques pistes

C’est bien joli de pointer du doigt les nombreux problèmes du Beaujolais, mais encore fait-il être capable de proposer des solutions qui pourraient -je dis bien pourraient- sauver le Beaujolais.
Et, heureusement, ici, nous avons bien quelques idées concernant la faisabilité de ce projet. Car oui, nous, on estime que rien n’est encore perdu. Mais il faudrait penser à ne pas trop trop trop perdre de temps non plus si on ne veut pas que notre vignoble ressemble à un vaste champ de lotissements, tous plus charmants les uns que les autres (car oui, l’un des effets pervers de la crise dans le Beaujolais, c’est bien la construction de lotissements dans tous les sens qui dénaturent les paysages, mais bon, on reviendra sur ce sujet un autre jour. Peut-être).

Etape 1 : les institutions du Beaujolais. Comment les changer ?

L’ensemble des premières mesures concerne le Beaujolais d’un point de vue institutionnel.
Si l’on veut sauver le Beaujolais, la première mesure consiste à réunir des Etats généraux du Beaujolais.
Cette première étape pourrait vous faire sourire, voir rire (surtout le lendemain d’un 14 juillet), mais elle est essentielle pour plusieurs raisons :

  • réunir tous les acteurs, ensemble, dans un même lieu, pour qu’ils puissent échanger dans un même but : sauver le vignoble qui les fait vivre ;
  • mettre les responsables de l’InterBeaujolais (je parle bien des responsables), face à leurs responsabilités ;
  • donner la parole à celles et ceux qui ne la prennent jamais, mais qui ont néanmoins un avis sur la gestion de la crise en Beaujolais ;
  • connaître l’état d’esprit global des acteurs du Beaujolais, mesurer la détresse dans laquelle ils se trouvent et leur proposer des solutions adaptées pour reprendre confiance en l’avenir.

Cris en Beaujolais, des viticulteurs dépassésCe dernier point me semble essentiel. Dans une période de crise, et surtout lors d’une situation de crise, que chacun reste dans son coin ne semble pas être une solution.
Les problèmes d’un viticulteur A sont souvent les mêmes que ceux d’un viticulteur B. La détresse psychologique dans laquelle certains se trouvent n’est pas anodine mais elle est laissée de côté par tout le monde. Des salariés peuvent subir des pressions dans leur vie professionnelle (souvent de la part de managers tyranniques). Les salariés peuvent se mettre en arrêt maladie pour cause de dépression et continueront à être rémunérés. Très bien.
Pour les agriculteurs (et toutes les personnes indépendantes), la pression est souvent due à des soucis financiers. Mais pour les viticulteurs, agriculteurs ou autres artisans, impossible de se mettre en dépression. L’argent ne rentrerait plus.
Voir des viticulteurs de nouveau motivé pourrait remotiver le vignoble. Pour ce faire, il faudrait s‘intéresser à leurs problèmes. Les écouter pourrait déjà être un bon début.

Les négociants souffrent également. Mais n’ont-ils pas fait souffrir et conduit à la ruine des dizaines de maisons viticoles ? Peu importe. Leurs souffrances sont bien là, il faudrait donc eux-aussi les écouter. Tout comme l’ensemble des professions qui gravitent dans le milieu viti-vinicole.

L’InterBeaujolais devra rendre des comptes, avec bilans chiffrés des actions menées ces 30 dernières années afin de mesurer l’évolution du bien-fondé de la (non)-politique de communication en Beaujolais.
Par ailleurs, présenter un plan de communication (c’est à dire ce qui est prévu sur les 5 prochaines années) à l’ensemble des acteurs du Beaujolais semble essentiel pour que chacun puisse se faire un avis des décisions actuelles et futures.

Le but de ces états généraux ne serait pas de prendre des décisions immédiates, mais juste que chacun connaisse l’état d’esprit de chacun et de faire un véritable point, accessible à tous, sur l’économie locale du Beaujolais.

Il faudra analyser ce qui s’est dit pendant cette réunion pour connaître la volonté de la majorité, donc la volonté globale, du Beaujolais, concernant les institutions. Il faudra donc discuter des véritables problèmes sans en éluder aucun. Il faudra s’être posées les bonnes questions :
Logo de l'InterBeaujolaisL’InterBeaujolais, telle qu’elle est gérée actuellement, a-t-elle encore sa place ? Ne doit-on pas laisser les professionnels du marketing et de la communication se charger de tout cet aspect là ? Un collège de viticulteurs a-t-il la légitimité pour prendre des décisions marketing essentielles au développement global (et non personnel) du marché du Beaujolais ?
Le collège de viticulteurs ne doit-il pas être placé sous l’autorité du groupe d’experts en communication et marketing, et non l’inverse ?
L’existence d’un autre organe de communication, avec des idées novatrices, ne pourrait-elle pas dynamiser le Beaujolais ? Laisser le choix aux viticulteurs du Beaujolais d’adhérer ou non à des politiques de communication (de l’une ou d’une autre agence de comm) pourrait-il être une bonne idée ?
Les employés  travaillant à l’InterBeaujolais ne doivent-ils pas avoir un niveau d’expertise, ou de savoir-faire, plus élevé ? Comment s’effectue le recrutement à l’InterBeaujolais ? Le temps d’attente, lorsqu’on va chercher des capsules, des affiches, et l’amabilité des employés sont-ils normaux (on a tous vécu cette scène digne des meilleurs films comiques où, après avoir patienté 37 minutes qu’une employée ait fini de raconter sa dernière nuit à sa collègue dans le bureau d’en face, on se fait légèrement réprimander car nous avons osé souffler 4 fois, car on avait autre chose à faire d’un peu plus urgent) ? Les meilleures personnes ont-elles été effectivement recrutées ?
Quelle part du budget de l’Inter est effectivement injectée dans la communication globale du Beaujolais ? Quelle part du budget est investie dans les fonds de fonctionnement de l’Institution ?

De nombreuses questions de ce type doivent être posées pour savoir exactement ce qui est fait des cotisations versées par les viticulteurs. Des viticulteurs qui, pour la plupart, n’ont absolument aucune idée de la manière dont sont utilisées ces cotisations volontaires qu’on leur force à donner.
Imaginez que 80 % (chiffre totalement illusoire) des cotisations servent à faire fonctionner l’Inter, cette institution a-t-elle des raisons d’exister en l’état ? Comment changer les choses ?

Mais l’Inter n’est pas le seul problème.
Individuellement, que font les viticulteurs pour vendre leurs vins ? Comment s’organise leur année commerciale ? Qui sont leurs clients ? Depuis quand sont-ils clients chez eux ? Les clients achètent-ils plus de vin qu’il y a 5, 10 ou 30 ans ? Achètent-ils moins de vin mais dépensent-ils autant qu’il y a 20 ans ? Quel est le panier moyen de dépense de leur clientèle ? Quel est le prix de vente moyen des vins d’un viticulteur ? De la totalité des vins produits sur un Cru ? etc.

Cet ensemble de questions (il pourrait y en avoir des centaines) est essentiel pour savoir ce qui se passe dans le Beaujolais actuellement, et pour prendre de nouvelles décisions basées sur le bon sens et la logique. Mais un simple changement institutionnel (une réforme, donc) n’est pas suffisant pour sauver le Beaujolais, il va nous falloir explorer deux autres pistes : comment vendre du vin ? Et comment attirer des touristes dans le Beaujolais ?

Etape 2 : le marketing en Beaujolais

Marketing et Beaujolais : la mésententeQuand on réfléchit bien au problème du marketing dans le Beaujolais, on se rend compte de la foule de problèmes qui doivent être traités. Je vais rentrer dans le détail pour un seul de ces problèmes, puis, listerai quelques autres points à aborder pour que le Beaujolais se redore le blason.

Nous l’avons suffisamment dit la dernière fois : le problème majeur, central, du Beaujolais vient de l’image merdique du Beaujolais Nouveau qui rejaillit sur l’ensemble du vignoble. Une image qui donne l’impression d’être contrôlée. Mais ce n’est qu’une impression. Hé oui. Quand on voit qu’il est possible d’acheter du Nouveau une semaine avant la date de commercialisation, en région parisienne, c’est bien qu’il y a un problème.
Le produit n’est plus sacralisé ni par les producteurs, ni par les négociants, ni par les intermédiaires, ni par les revendeurs, ni par les consommateurs.

La solution concernant le Beaujolais Nouveau, son image, et ses répercussions va vous sembler complètement absurde, mais tellement logique quand on y réfléchit.
Il faut tout simplement supprimer le Beaujolais Nouveau. Pas pour toujours et pas complètement, non. Il faut supprimer le Beaujolais Nouveau tel qu’on le connaît. Il faut en (re)faire un produit exceptionnel !
Alors comment s’y prendre ? Et bien ne plus produire et commercialiser le Beaujolais Nouveau quelques années pourrait être un bon début. Pour refaire du produit « Beaujolais Nouveau » un véritable événement, il faut nécessairement que sa sortie redevienne un événement.

J’entends déjà, ça et là, les puristes dire « Oui, mais le Beaujolais Nouveau c’est quand même un marché de xx millions d’euros par an. Retirer le Beaujolais Nouveau c’est signer la mort du vignoble ». Je leur réponds que « Oui. Mais ne rien faire c’est comme conduire une voiture lancée à 180 km/h sur une autoroute. Et à 3 km, il y aurait un mur de plusieurs mètres d’épaisseur qui ferait barrage. Et puis personne ne s’en sortirait ».
Et puis, merde ! Ne rien faire c’est quand même la meilleure des solutions pour se dire qu’on a tout fait pour se planter magistralement. Alors un peu d’ouverture d’esprit ne fait jamais de mal (même si je sais qu’en terre beaujolaise, on est assez fermé aux nouvelles idées). Et puis il existe forcément des choses pour remplacer l’économie liée au marché du Beaujolais Nouveau, encore faut-il s’en inquiéter, en discuter et trouver des solutions.
C’est simplement que personne n’a jamais osé clamer haut et fort que c’était possible et faisable.

Beaujolais Nouveau 2013 : les nouveaux visuels ridiculesAlors comment faire pour recréer l’événement autour du Beaujolais Nouveau ? C’est simple.
Déjà, il faut se défaire de son image ringarde, donc ne plus en parler du tout pendant quelques années. 2, 3, 4 ans, le temps que des créatifs repensent ce produit. Le temps d’arrêter de faire des visuels que, même moi qui ne suis pas graphiste, je serai capable de faire. Le temps d’arrêter, là encore, toutes les promotions d’un autre siècle, avalisées par les viti qui dirigent l’Inter (je vous mets le visuel qui servira au lancement du Beaujolais Nouveau 2013, avouez que vous avez envie de rire en voyant ce machin rougeâtre sur un fond noir censé représenter une femme-bouteille).
Bref,  on arrête le Beaujolais Nouveau le temps de réformer le Beaujolais. Le temps de se poser et de se dire « Ok. Maintenant, on est en 2013. On est dans un monde qui est comme ça, avec des clients qui sont comme ça (j’y reviendrai) donc on fait soit ça ou ça ou ça et ça fonctionnera car on a réfléchi- en se basant sur une étude de marché- à ce que l’on doit faire ».
Et puis créer un événement c’est quand même pas compliqué. Le simple fait d’arrêter de produire temporairement un vin pour lui redonner une image sera déjà, en soi, un événement. Cela devrait donc déjà attirer du monde car les gens se poseront des questions.

Et puis moi, j’irai plus loin encore. Ne pas faire que chaque année soit une année à Beaujolais Nouveau et dévoiler au public si elle le sera quelques moins en avance. Comment faire pour définir si cette année est une année à Beaujolais Nouveau ?
Déjà, en se basant sur les besoins en vin de la cible. Si la cible ne montre pas de besoin en Beaujolais Nouveau, à quoi bon perdre du temps, de l’argent et de l’énergie à travailler un produit qui ne sera pas vendu ? Ou, même s’il l’est, qui sera critiqué pour 306 raisons différentes ?
Et puis pourquoi ne pas inventer une nouvelle fête dans le Beaujolais qui déterminerait si l’année sera celle d’un Beaujolais Nouveau ? Pourquoi ne pas tabler sur un tirage au sort public, pendant cette nouvelle fête ?
Ou alors, dans un autre état d’esprit, pourquoi ne pas décider que si le ban des vendanges est fixé après le 25 septembre, il n’y aura pas de Beaujolais Nouveau ? Ou en fonction du volume de vins du Beaujolais achetés l’année précédente ? Ou si la météo est bonne à telle date, on produit du Nouveau cette année ? Ou bien, ou bien, ou bien…
Cette année, les vendanges s’annoncent fin septembre. Je me pose une question : comment vont faire certains pour vendre ce vin alors qu’il sera encore sur cep (l’an dernier, on en a trouvé début octobre… Cette année, ça risque d’être délicat).

Toutes les idées sont potentiellement bonnes. Il suffit juste d’être un peu créatif et de se mettre d’accord sur la méthode à appliquer.

Maintenant que j’ai un peu détaillé cet épineux problème (dont il y aurait encore et encore et encore à dire), voici un bref listing stratégique (qui relèvent du marketing de base) de ce qui pourrait être fait, d’un point de vue marketing, pour la viticulture :

  • Elaborer une étude de marché pour le vignoble Beaujolais. Cette étude de marché devra permettre à chacun, comme toute bonne étude de marché, de savoir quels sont les atouts du Beaujolais, quels sont ses points forts et ses défauts par rapport à la concurrence des autres vignoble, quelle est la place du Beaujolais dans l’économie viti-vinicole de France, dans l’économie mondiale, connaître le type de clients qui consomme des vins du Beaujolais (âge, origine géographique, origine sociale, niveau d’études, moyen financiers, fréquence d’achat de Beaujolais, fréquence d’achat de vins, etc.). Qui sont ces consommateurs par rapport à ceux des autres vins ? etc.
    Toutes ces données devront être mises à disposition des viticulteurs et expliquées clairement pour que tout le monde puisse les utiliser. Libre à chacun, après, de les utiliser à bon escient ou non.
  • Elaborer une étude de marché par type de vin (Beaujolais supérieur, Beaujolais Nouveau, Beaujolais Villages, Beaujolais Rosé, Beaujolais Blanc, chaque Cru du Beaujolais) avec le même type de données que celles citées au point précédent.
    Il faut bien comprendre qu’une personne qui achète une bouteille de Beaujolais à 3€ pendant la foire aux vins chez Lidl n’aura pas les moyens de s’acheter une bouteille de Saint-Amour, en vente directe, à 10 €. On ne s’adressera donc pas de la même manière à une mère de famille célibataire de 34 ans, habitant dans le fin fond de la Corrèze, gagnant 1200 € net par mois qu’à un couple de quadragénaires Parisiens travaillant dans le marketing, sans enfant, et gagnant 7.000 € par mois, ou qu’à un couple de retraités de Normandie.
    Il faut bien comprendre, également, qu’à chaque type de vin correspond un marché bien spécifique. Et qu’à chaque public-cible correspond un vin particulier. La force du Beaujolais est là : la gamme complète des vins du Beaujolais permet de s’adresser à la quasi-totalité de la population Française.
  • Mettre à la disposition des viticulteurs n’en comprenant pas tous les tenants et aboutissants des conseillers en développement numérique, pédagogues et spécialistes du domaine. Avoir un site web, aujourd’hui, c’est exister. Demain, il ne suffira plus d’avoir un seul site web…
    La viticulture, l’internet et les technologies à venir ne sont pas incompatibles. Y être récalcitrant est un choix personnel, mais c’est pourtant essentiel de basculer dans cette stratégie pour sortir de la crise.

Plutôt que de gaspiller de l’argent dans des actions inutiles (élire une Mademoiselle Beaujolais Nouveau) ou dans on-ne-sait quoi (puisqu’on ne le sait pas vraiment), voilà à quoi devrait servir l’InterBeaujolais : permettre aux viticulteurs de trouver des pistes de commercialisation, voire leur trouver les pistes de commercialisation pour leur produit.

Si vous doutez du bien-fondé de telles actions, regardez combien Coca-Cola investit dans son budget marketing chaque année.
Plutôt que de dépenser 2 millions d’euros pour faire la promotion inutile du Beaujolais Nouveau, pourquoi on ne les dépenserait pas utilement dans des campagnes efficaces ?

Etape 3 : basculer petit-à-petit dans l’oenotourisme

Je ne vais pas m’étendre longtemps sur ce sujet mais je voudrais simplement vous faire part de constats personnels.

J’ai travaillé pendant une saison au camping de Fleurie, à la gestion de l’animation du camping et j’y ai fait d’étonnantes découvertes.

Les seules activités proposées à l’époque par le camping étaient :
– 2 dégustations hebdomadaires chez des viticulteurs (mais uniquement des viticulteurs de Fleurie, faut pas trop pousser non plus. Si les touristes allaient un peu trop ailleurs qu’à Fleurie, ce serait la fin du monde. Le petit clin d’œil sera peut-être interprété par la bonne personne, qui dit pourtant vouloir sauver le Beaujolais) ;
– 1 visite-dégustation hebdomadaire (par ailleurs très intéressante) d’un producteur de vins mousseux ;
– 1 dégustation hebdomadaire chez un producteur de liqueurs bien connu ;
– 1 visite-dégustation hebdomadaire de la cave coopérative de Fleurie.

La plupart des visites n’accueillait que 3, 4 voire 6 touristes-curieux par jour (alors que le camping était complet (donc au bas mot, 200 personnes).

Le jour où je me suis mis à faire des randonnées avec pique-nique au milieu du vignoble, j’ai commencé à avoir plus d’une vingtaine de personnes qui n’arrêtaient pas de me poser des questions sur « Et pourquoi il y a des rosiers au bout des rangs de vigne ? « , « Comment vous faîtes pour savoir où s’arrête votre vigne et où commence celle du voisin ? « , « C’est quoi la différence entre un Beaujolais nouveau et un Fleurie ? Et on peut faire du Fleurie Nouveau (là on voit bien que la mission de l’Inter n’est absolument pas remplie !!!) ? « , « Pourquoi il y a tant de nouveaux lotissements dans le Beaujolais ? « , etc.
Je répondais simplement aux questions que les gens pouvaient avoir. Parfois, je ne connaissais pas la réponse, donc je retournais les voir le lendemain pour la leur donner. Mais les gens sont en quête de réponses et personne n’est là pour leur donner.

Visiter une cave n’a pour eux rien d’exceptionnel vu qu’ils peuvent le faire seul ! Et encore, ça ne les intéresse pas, à moins que… A moins que quoi ?
A moins qu’ils puissent y voir des choses qu’ils n’ont jamais vu jusque là…Car oui, je suis allé plus loin dans mon idée. Le nombre de touristes dans le Beaujolais, pendant les vendanges, est impressionnant. Ils veulent voir mais tout leur est fermé. C’est le comble.

Oentourisme en Beaujolais : c'est possibleJ’ai donc organisé deux après-midi un peu originales qui ont vraiment cartonné.
Pendant la première, ils ont pu vendanger pendant une heure, au sein d’une troupe de vendangeurs. Aucun rythme n’était imposé. Ils étaient là pour découvrir, sautaient des ceps, oubliaient du raisin. Peu importe : ils s’amusaient en découvrant, se coupaient les doigts avec les serpettes, avaient les mains collantes et poisseuses. Et alors ? ils étaient ravis ! Plus de 40 personnes sont venues ce jour-là.
Le lendemain, plus d’une cinquantaine ont assisté à une pressurée dans un véritable cuvage. Avec des consignes de sécurité strictes, ils ont pu tout voir, sentir l’intérieur d’une cuve, voir comment ça se passait, et goûter au Paradis… Et bien le viticulteur a vendu pour près de mille euros de vins ce jour-là. De quoi compenser les deux heures perdues à expliquer comment et pourquoi ça devait se passer comme ça.

Certaines des personnes ayant assisté à ces animations sont même revenues les années d’après pour dire bonjour et acheter quelques bouteilles. Si vous êtes un peu intelligent et que vous leur offrez une bouteille de la cuvée qu’ils ont vue, vous êtes sûrs d’en faire des clients réguliers.

Alors ok. Les touristes ça pose des questions. Et ça parle pas toujours Français (ça parle même rarement Français). Mais si les touristes viennent dans le Beaujolais, c’est pour voir et vivre des choses. Quand ils arrivent, ils trouvent toutes les portes closes, des gens qui ne veulent rien leur raconter, sauf si c’est pour goûter un verre à la va-vite. Les gens viennent une fois dans le Beaujolais. Ils reviennent rarement une seconde fois alors qu’ils passent avec plaisir plusieurs séjours, tout au long de leur vie, en Alsace…

Est-ce que c’est de cette manière qu’on pourra sauver le Beaujolais et attirer toujours plus de monde ? La réponse, vous la connaissez.

D’ailleurs, et j’en terminerai là-dessus, tout ce que je vous ai dit là, depuis l’article précédent, vous le connaissiez déjà. Vous savez exactement ce qui se passe et quelles pourraient être les solutions. Je ne vous ai rien appris, j’ai juste osé écrire (et les écrits restent) ce que tout le monde pense tout bas. Mon job est fait, en partie du moins.
Je souhaite rentrer de plein front dans ceux qui gèrent l’institution Beaujolais. Tout seul, c’est impossible. Alors je sais que vous êtes déprimés, que vous êtes crevés, que votre négociant vous a pas versé votre dernière traite. Je sais que vous en avez marre et que vous êtes sur le point de vendre cette parcelle constructible pour vous renflouer un peu. Tous vos problèmes, je les connais. Je les vois depuis de nombreuses années. Et mon job, c’est le marketing en plus. Vous voyez où je veux en venir.

Alors si vous tombez sur ces dernières lignes, je vais vous mettre à contribution. Partagez cet article avec vos amis sur Facebook, avec vos contacts sur Twitter, avec vos contacts, par e-mail. Parce que vous attendez tous le moindre petit mouvement pour dire stop, ça suffit, on en a assez. Parce qu’il existe des solutions et que certains sont prêts à se battre pour que vous croyiez encore en votre avenir. Parce qu’il existe encore des personnes qui ont des idées (la société Mardi Broussaud, société à laquelle appartient ce site, est une excellente idée de collaboration fanco-néerlandaise pour vendre les vins de producteurs du Beaujolais (et d’ailleurs) en Hollande).
Donc partagez cette page. Ca ne vous coûtera rien et vous aurez peut-être participé au sauvetage du Beaujolais.

Merci

FD